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cupé d'en créer. L'emprunt de 1911 n'a jamais été mis sur pied. Le gouvernement français aurait pu, dès 1910, en donnant sa garantie à un gros emprunt marocain, rendre possible immédiatement la réalisation du programme des travaux. Il ne l'a point fait : c'était son droit. Mais, dès lors qu'il ne le faisait point, il se plaçait en face de ce dilemme : ou pas de travaux du tout, ou des concessions portant à la fois sur la construction et sur l'exploitation, la seconde permettant de rentrer dans les frais de la première. D'ailleurs, par ses statuts mêmes, la Société Marocaine de Travaux publics avait envisagé non seulement la construction, mais aussi l'exploitation l. Or, ces statuts, le gouvernement français les avait connus et approuvés. S'il jugeait les concessions d'exploitation incompatibles avec l'acte d'Algésiras, comment avait-il approuvé les statuts? Dès lors qu'il les avait approuvés, comment interdisait-il à la société, une fois née, de faire ce qu'à sa naissance elle avait annoncé qu'elle ferait?
De même, on a opposé à la Société Marocaine de Travaux publics les formalités prévues par l'acte d'Algésiras et le règlement spécial du corps diplomatique en matière d'adjudication. Mais, ici encore, l'accord du 8 février 1909 et le commentaire qu'en avaient donné l'Allemagne le 2 juin suivant et la France le 14 octobre, ne permettaient pas de prévoir de telles objections. L'Allemagne, dans l'aide-mémoire du 2 juin, avait nettement énoncé son intention, pour éviter « une concurrence stérile et nuisible » de restreindre autant que possible l'adjudication et de recourir de préférence à