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lesse de notre action politique au Maroc1 avait eu la conséquence qu'il était aisé de prévoir. L'anarchie avait grandi, menaçant non seulement le trône du sultan, mais la vie des Européens; et, dix jours plus tard, le gouvernement français allait être obligé d'envoyer des troupes à Fez, — avoir besoin, en un mot, de la bonne volonté de l'Allemagne, au moment où il avait le moins de raisons d'y pouvoir compter. Il importait donc que, si l'on ne s'entendait pas sur les chemins de fer, la responsabilité de cet échec ne pût nous être imputée. M. Cruppi s'appliqua à conjurer ce risque.
Après avoir négocié avec l'Angleterre au sujet de sa participation, avec l'Espagne au sujet de la ligne Tanger-Fez, il suggéra à M. Jules Cambon, par deux dépêches en date des 17 et 20 avril, de proposer à M. de Kiderlen, puisque l'établissement d'un programme d'avenir comportait des difficultés, de restreindre le champ du débat et de négocier, comme en janvier, sur les deux seules lignes d'Oudjda et de Casablanca. Le 25 avril, notre ambassadeur fut chargé de répéter au chancelier que l'intention du gouvernement français était de mener à bien la négociation sur les chemins de fer. M. de Bethmann l'en remercia. Le 28, M. Cambon donna la même assurance à M. de Kiderlen, mais son interlocuteur se borna à prendre acte de sa déclaration, en ajoutant qu'il était excédé de nos lenteurs. Le 8 mai, M. Jules Cambon revint à la charge. M. de Kiderlen lui répondit :
— Nous en reparlerons. Je vais partir en vacances. Ce sera pour mon retour.
Le 10 juin, le secrétaire d'État étant toujours absent,