Livre Jaune n° 5, page
avantageuses pour la France de l'accord franco-marocain du 20 avril 1902. Cet accord disait :
Le gouvernement chérifien consolidera son autorité dans l'étendue de son territoire depuis l'embouchure du Kiss jusqu'à Figuig. Le gouvernement français, en raison de son voisinage, lui prêtera son appui en cas de besoin.
Le gouvernement français établira son autorité et la paix dans les régions du Sahara et le gouvernement marocain, son voisin, l'y aidera de tout son pouvoir.
Il résultait de ce texte, dont le général Lyautey avait rappelé au gouvernement toute l'importance dans un long rapport du 7 décembre 1908 l qu'avec le consentement du Maroc une distinction fondamentale avait été établie entre le nord et le sud de la région frontière, Figuig marquant la limite entre l'une et l'autre. Au nord c'est le gouvernement chérifien qui s'engageait à établir l'ordre, avec notre concours si besoin. Au sud, c'est à nous qu'incombait le soin d'assurer cet ordre et de faire régner la paix, sans qu'aucune limitation restreignît cette attribution, le gouvernement chérifien ne faisant que nous aider s'il en était capable. Or, non seulement cette aide ne s'était jamais produite, mais nous avions trouvé la main de ses agents dans toutes les menées dirigées contre nous. Donc, comme l'écrivait le général Lyautey, nous n'avions fait qu'exercer un droit strict en intervenant à Aïn-Chaïr, dans le Haut-Guir, à Bou-Denib. Nous n'avions même pas besoin, pour y être autorisés, de recourir à une police mixte. En un mot, la situation de la région nord était essentiellement différente de celle de la région sud. Elle en était différente à notre bénéfice. Et pourtant