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nous abandonnions bénévolement ce profit en englobant dans un même engagement, comme termes équivalents, Oudjda et Bou-Denib 1.
Le reste des accords signés à Fez comprenait la désignation d'un représentant ehérifîen pour la commission des indemnités de Casablanca et pour celle chargée à Tanger d'établir les dettes du makhzen ; l'annonce de l'envoi à Paris d'une ambassade appelée à négocier un emprunt ; la nomination d'un ingénieur français en qualité de conseiller du ministère des finances ayant dans ses attributions les travaux publics, les mines et l'hygiène ; enfin l'engagement de n'employer pour l'instruction de l'armée chérifienne que des instructeurs français, le commandant Mangin devenant « l'instructeur en chef » de l'Empire. Ces deux derniers engagements, le dernier surtout, avait une réelle valeur, à condition toutefois qu'on en tirât parti. Seuls, ils constituaient dans cette liquidation, où la France cédait tout et même au delà de ses obligations, un instrument d'avenir. Seuls, ils répondaient aux nécessités nouvelles, créées par l'accord franco-allemand d-e février. Sur tous les autres points, la France reculait, insoucieuse de jouer son jeu, négligeant l'occasion, laissant au sultan l'impression que sa force n'était pas accrue, puisqu'elle n'en faisait pas usage, que son concours demeurait hésitant, puisqu'elle n'en traçait pas le plan. Nul reproche pourtant ne pouvait être adressé au négo-
1. Les articles suivants fixaient les conditions de cette évacuation : installation dans les régions visées d'une force makhzénienne capable de veiller à l'exécution des accords. Les améliorations réalisées par nous nous seraient remboursées. Ces précautions ne suffisaient pas à racheter la grave erreur de principe consacrée par l'article premier.
dateur français; car, en le félicitant d'avoir « exécuté ses instructions avec correction et fidélité », le gouvernement constatait le 28 mars 1909 qu'il avait fait à Fez tout ce qu'on désirait qu'il y fit 1.
L'impression de faiblesse qu'en devait garder le makhzen ne tarda pas à se manifester par la désinvolture de ses procédés à notre égard. Nous avions supprimé la peur sans éveiller l'intérêt. Nous allions être traités comme une quantité négligeable. De juin 1909 à février 1910, la correspondance de notre légation et de nos consulats n'est qu'une longue plainte contre les procédés vexatoires infligés, sur l'ordre même du sultan, aux nationaux et aux protégés français. S'agit-il de Fez? Nos ressortissants y sont brutalement soumis, à l'exclusion de tous autres, à des taxes qui lèsent gravement leurs intérêts 2. Dans la région frontière, aussitôt après la défaite du Rogui, les agents chérifîens prennent une attitude de plus en plus intransigeante, de plus en plus hostile à la France 3. Dans la Chaouïa, mêmes intrigues et menées pareilles 4. Dans le Gharb enfin, à Larache et à El Kçar, c'est pis encore. Les membres de nos colonies sont constamment molestés dans leurs personnes et dans leurs biens par les agents du makhzen 5. « Nos compatriotes sont découragés et ruinés. Tous leurs contrats avec les indigènes restent lettre morte 8 ». Dans tous ces cas, la responsabilité du sultan n'est pas douteuse. C'est « sur ses instructions formelles » que les