Livre Jaune, n° 5, 13 septembre
agents du makhzen ressuscitent la vieille politique de vexations1. Ils disent ouvertement que, dès que le sultan aura de l'argent, il jettera les Roumis à la mer 2. En octobre, Moulay-Hafid enjoint à ses caïds de laisser de côté les Espagnols; d'être dur, mais sans excès, avec les protégés anglais et allemands, mais de n'avoir aucun ménagement pour les protégés français3. L'attitude
des fonctionnaires change et va jusqu'à l'imper-
tinence. Ils déchirent, sans les lire, les lettres de nos consuls4. Les derniers nommés sont pires que les anciens. A El-Kçar, la désignation de Remiki apparaît comme « un défi à l'opinion 5 ». Il en est de même des supplices sauvages infligés par le sultan à ses prisonniers en présence des instructeurs français et malgré la protestation des consuls G. La situation est telle qu'au lieu d'un programme de collaboration, c'est une liste de griefs que le gouvernement français est obligé de dresser7. Cette liste ne comprend pas moins de 24 points. Désormais, la menace devient nécessaire. Notre ministre à Tanger estime que nous ne saurions tolérer plus longtemps une attitude nettement hostile. A la politique d'entente, c'est la politique de représailles qui, par la force des choses, va se substituer 8.
On aurait pu espérer que l'ambassade chérifienne,