Livre Jaune, 14 et 22 septembre
8. On verra plus loin que l'attitude du gouvernement français dans la question de la mission militaire peut expliquer pour une part l'hostilité du sultan.
entre temps arrivée à Paris, nous apporterait la solution. Cet espoir fut bien vite déçu. L'objet de l'ambassade était, d'abord, la ratification des accords signés à Fez le 14 et le 23 mars, ensuite, la négociation de l'emprunt marocain nécessaire au règlement du passif. Le 6 novembre, sans nouvelles du sultan, M. Pichon constatait que, d'une part, les sévices contre nos nationaux continuaient ; que, d'autre part, les ambassadeurs chérifiens n'acceptaient pas nos propositions. Contrairement aux accords provisoires négociés à Fez par M. Regnault, le sultan réclamait l'évacuation simultanée, et non pas successive, de la Chaouïa et de Casablanca, le dessaisissement du Haut-Commissaire français de la frontière en matière militaire. Il refusait en outre d'affecter à l'emprunt les gages désignés par la France, — d'accord, on s'en souvient, avec l'Allemagne l. M. Pichon pourtant patiente encore. Il se contente de maintenir ses offres précédentes, — excessives à tant d'égards. Il suggère même, sans d'ailleurs les préciser, des transactions possibles, c'est à dire de nouvelles concessions de notre part. Par contre, il demande « sans délai toutes les satisfactions exigées par nous en ce qui touche les violations des traités et les mauvais traitements appliqués à nos protégés ». Le 29 novembre, M. Pichon insiste sur « la nécessité et l'urgence d'une solution ». Il y a eu un débat à la Chambre le 23 et les débats à la Chambre sont souvent indispensables pour que les solutions prennent, au regard des ministres, un caractère de « nécessité et d'urgence ». A ce moment, nous passons aux actes. Le 4 dé-