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LA FRANCE ET LES FINANCES MAROCAINES

Dans la collaboration que, pour consolider l'ordre et servir ainsi son intérêt spécial, la France devait nouer avec le makhzen, la question financière était au premier plan. Nous avions résolu de développer notre influence au Maroc par les voies de la paix plutôt que par les voies de la guerre. Mais c'eût été une singulière illusion de croire que, même pacifique, une œuvre de cette ampleur pourrait être menée à bien sans grands frais. On n'a rien pour rien, pas plus dans la vie publique que dans la vie privée. Il était donc indispensable, si l'on voulait réellement tirer, au Maroc, parti politique de l'accord franco-allemand du 8 février 1909, d'envisager en face le coût de l'opération. Rétablir l'ordre et aider le sultan à réformer son empire, c'était une entreprise tentante. Mais il fallait savoir y mettre le prix. Prétendre y réussir, sans que l'État français participât à la dépense, laisser à l'épargne le soin de fournir les fonds, c'était d'avance se vouer à l'insuccès. C'est ce qu'a fait cependant, jusqu'à la crise de 1911, le gouvernement français, — bien qu'il eût, à cet égard, toute liberté du côté allemand1.

Dès 1909, cependant, le problème se posait avec une netteté parfaite. La situation du makhzen tenait en

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