‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 52 sur 216 · Voir ci-dessus, page · texte numérisé non relu

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deux mots : sans argent pas de soldats : car faute de solde, on déserte ; et sans soldats, pas d'argent : car l'impôt ne rentre que si on le perçoit. C'était un cercle vicieux dont, depuis 1904, on avait tenté de sortir par l'emprunt. Or l'emprunt en 1909 n'allait pas sans difficultés. Les emprunts antérieurs avaient réduit à peu de chose les gages disponibles et l'on a vu combien, dans leurs conversations de mars, MM. Guiot et Erckert avaient eu de peine à trouver les éléments d'une annuité de 4 millions1. Dès ce moment, l'hypothèse de la garantie de l'État français avait été admise par le gouvernement impérial et c'était, à vrai dire, la seule logique. Cette adhésion n'eut malheureusement pas de suite. Fidèle au vieux système des emprunts gagés tant bien que mal, comprimant les prévisions jusqu'à l'extrême limite, considérant la liquidation du passif plus que la création de ressources nouvelles, évitant par là l'intervention de l'État français, c'est-à-dire une discussion parlementaire, le gouvernement de la République a pratiqué au Maroc, pendant ces deux années, une politique financière qui, de nature à supprimer des difficultés dans le présent, était propre en revanche à compromettre l'avenir.

C'est seulement le 13 mai 1910 que fut signé à Paris, entre la Banque d'État du Maroc et El-Mokri le contrat d'emprunt, dont, dès la mission à Berlin de M. Guiot (mars 1909), les deux gouvernements de France et d'Allemagne s'accordaient à proclamer l'urgente nécessité. Le 14 août 1909, le gouvernement français indiquait à El-Mokri les gages qu'il demandait et le contrôle qu'il

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