‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 55 sur 216 · Voir ci-dessous, pages 140 et suivantes · texte numérisé non relu

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au gouvernement un projet d'accord financier établi par la commission et accepté par El-Mokri. Comme conséquence de cet arrangement, M. Pichon préparait un projet de lettre à l'ambassadeur chérifien pour préciser les conditions du contrôle auquel devait être subordonnée la réorganisation de l'armée marocaine. Les projets d'accord financier et de lettre, approuvés par le nouveau cabinet, étaient signés le 13 mars. M. Caillaux, en les transmettant à M. Gruppi, ne cachait pas le scepticisme qu'il éprouvait à leur égard.

En réalité, l'emprunt de 1911, différent de son devancier par son objet, était resté pareil par ses modalités. Pas plus la première fois que la seconde, le gouvernement français n'avait osé faire usage de la faculté, que l'Allemagne lui avait explicitement accordée dès le 2 juin 1909, de garantir l'emprunt, de lui donner son véritable caractère, celui d'une opération plus politique que financière, d'une opération faite moins encore dans l'intérêt du Maroc que dans l'intérêt de la France, d'une opération destinée à mettre en valeur les droits que nous avait reconnus l'accord de 1909, à consolider l'ordre dans l'empire chérifien, c'est-à-dire à y affirmer notre influence. Pas plus la seconde fois que la première, on n'avait compris que, faute de cette garantie, le Maroc resterait condamné à n'émettre, par suite de la raréfaction croissante des gages, que de petits emprunts et que ces emprunts ne lui permettraient, ni de restaurer l'ordre par ses propres moyens ni de créer des ressources nouvelles par ces grands travaux publics, qu'on se refusait d'autre part à concéder à des particuliers1. Notre diplomatie

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