‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 56 sur 216 · Voir ci-dessus, page · texte numérisé non relu

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persistait, en un mot, à traiter les emprunts marocains comme elle eût traité ceux de tout autre puissance étrangère, à ne point tenir compte, en les préparant, de cette notion essentielle de notre « intérêt spécial français », qui aurait dû cependant, puisque nous l'avions fait inscrire dans tous les actes internationaux, inspirer nos actes nationaux. Ainsi posée, la question était insoluble. L'emprunt de 1911, plus large que celui de 1910, n'était, suivant l'expression de M. Gaillaux, qu'un papier sans valeur. Et certes, pour procéder autrement, pour prêter de l'argent au Maroc avec notre garantie, il eût fallu saisir les Chambres et peut-être n'eût-il pas été aisé d'obtenir leur approbation. Une crise ministérielle aurait pu s'ensuivre. Mais il y a des périls qu'il faut savoir braver, quand on est responsable de la politique d'un grand pays.

Faute d'avoir bravé celui-là, le Gouvernement a laissé ignorer à la France les conséquences nécessaires de notre action marocaine. Par crainte de M. Jaurès et de l'opposition socialiste, il lui a masqué la vérité. Il lui a permis de croire que la politique définie par l'acte d'Algésiras et par l'accord du 8 février 1909 ne comportait d'autres frais qu'un budget de dépenses de quelques centaines de mille francs. Il a ainsi démuni cette politique de son instrument nécessaire. Le résultat? C'est que les sommes, qui n'ont pas été aventurées, — avec chance d'ailleurs de les récupérer, — dans des emprunts d'organisation, ont été englouties dans des expéditions de répression. La France a payé tout de même 1.

1. Au début de 1912, la situation financière du Maroc était la suivante : La dette se montait à 315 millions, dont 163 millions d'< aprunts, 135 millions d'indemnités militaires dues à la France et à l'Espagne, 17 millions

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