‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 60 sur 216 · Livre jaune, n° 5, page · texte numérisé non relu

Livre jaune, n° 5, page

être pour quelque chose dans le changement de son attitude.

Le 11 février 1910, le commandant Mangin, en présence de l'intolérable attitude de l'hajib et du ministre de la Guerre, était obligé de décider que la mission militaire cesserait son service. M. Regnault l'approuvait et disait :

Évidemment, le sultan, après s'être rendu compte que l'emploi des instructeurs turcs en mahalla n'a donné lieu à aucune protestation, cherche à lasser la patience de nos officiers par des incidents journaliers et à les réduire à un rôle négatif 1.

Sans doute : mais, encore un coup, à qui la faute? Que l'attitude du sultan fût inacceptable, on ne peut le contester. Qu'elle fût explicable, on doit l'admettre. L'incident, d'ailleurs, fut compris dans le règlement général de février. Des excuses furent faites au commandant Mangin par le ministre et les fonctionnaires coupables. Enfin, le sultan s'engagea tant à congédier les instructeurs turcs qu'à consulter la mission militaire sur les questions d'approvisionnement. Toutefois, en prenant cet engagement, le ministre chérifîen des Affaires étrangères, Si- Aïssa-ben-Omar, ajoutait :

— Je veux bien renvoyer les Turcs. Mais alors n'empêchez pas les Français de faire campagne.

Cette dernière demande, que notre consul refusa d'admettre à titre de condition et n'accueillit que comme un vœu, éclaire tout le conflit des six mois précédents. Pour garder l'autorité, il fallait accepter les responsabilités, si lourdes fussent-elles. Prétendre à l'une en se dérobant aux autres était une entreprise impossible. Le gouvernement français s'avisait un peu tard que les refus opposés

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