Sénat, 5 juin
d'analyser dans le détail et de saisir sur le vif les procédés des envahisseurs.
Parmi les preuves qui en ont été fournies, les unes viennent des Allemands eux-mêmes. Car dans l'un des innombrables incidents de cette longue histoire, il advint que, dans diverses factoreries de la région dont il s'agit, on saisit leur correspondance K Ici, c'est un chef de factorerie, M. Lessner qui félicite son agent de Minvoul (territoire français) de « cette entreprise devenue avantageuse grâce à son ardeur ». Il ajoute, parlant d'un autre employé :
Marshall travaille fort bien et serait à utiliser pour un poste avancé. (C'est-à-dire plus loin en territoire français) 2.
Le 8 février 1905, c'est un autre Allemand qui raconte son installation à Kormolo, à plusieurs jours de marche au sud de Minvoul. Il écrit ingénument :
Le pays est français. . . . Mais si les Français viennent, ce seront sans doute des commerçants qui, n'ayant pas de sextant, ne pourront pas prouver aux Allemands qu'ils sont en territoire français 3.
Autre lettre :
Si l'on fait une délimitation de la frontière, c'est fini pour
nous 4.
Nouvel aveu (21 février 1905) :
Cette situation ne durera guère : alors profitez du moment et ramassez tout ce que vous pourrez 5.
1. Cette correspondance allemande, originaux ou photographies, a été remise le 19 décembre 1910 à la commission du budget de la Chambre des députés.