Ibid
Le 22 avril 1905, un lieutenant allemand en service commandé écrit à un commerçant :
Comme le centre des événements actuels est à 30 kilomètres au sud de la frontière, il n'est plus guère possible qu'il puisse être encore question du territoire allemand l.
Ce qui n'empêche une douce philosophie de régner chez les commerçants étrangers :
C'est toujours, écrit l'un d'eux (12 septembre 1905) la bouteille à l'encre, tant que les Français ne seront pas venus reconnaître la frontière 2.
Et le même d'ajouter dans une lettre du 13 septembre :
L'histoire avec les Français est ancienne et je crois que vous prenez la chose trop au sérieux 3.
Les mêmes documents allemands précisent l'étendue du préjudice subi par les commerçants français et par l'État français. Les comptabilités saisies des postes de Kormolo et de Mako, situés fort loin de la frontière en territoire français, produisaient en six mois 19 tonnes de caoutchouc, soit 40 tonnes par an, c'est-à-dire pour trente-cinq factoreries plus de 700 tonnes qui, d'une part, échappaient aux concessionnaires et qui, d'autre part, frustraient la colonie des droits de douane et redevances diverses y aiïérant.
Après les témoignages allemands, voici ceux des fonctionnaires français. Ils ne sont pas moins affîrmatifs. En 1906, le capitaine Cottes, président de la mission