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Le capitaine Cottes au ministre des Colonies

Dans tout ce territoire occupé et dévasté par eux, les Allemands se comportaient en véritables souverains :

La factorerie de la Hamburg Africa Gesellschaft à Minvoul disposait d'une sauvegarde de quatre hommes (de la Schutz truppe ou force armée régulière) détachée de la station allemande d'Ebolowa.

J'ai constaté leur présence dès mon arrivée le 25 mai dernier. M. le Capitaine Foerster avait déjà, il y a un an, au cours de la mission officieuse qu'il exécuta huit mois durant sur la frontière Sud-Cameroun pour préparer les opérations actuelles, constaté la situation de Minvoul en territoire français ; les agents de la factorerie avaient aussi connaissance de ces faits, comme ils nous l'ont déclaré.

Il est aussi à signaler que l'autorité militaire allemande exécutait normalement des réquisitions de vivres (manioc, bananes, cabris) tant dans toute la contrée que jusqu'à Bibé (àun jour au sud du N'Tem) tant pour l'effectif de Minvoul (antérieurement d'une dizaine d'hommes) que pour les troupes concentrées autour d'Elobowa, et constituées en colonnes pour les opérations en pays dzimous K

Le 31 août, nouvelle confirmation de cet exercice en territoire français de la souveraineté allemande :

Je puis signaler que les agents de la Hamburg Africa Gesellschat rencontrés à Angoun et Minvoul exerçaient quasiment des droits de suzeraineté dans la contrée environnant leurs factoreries, réglant les affaires de justice entre indigènes, prenant des porteurs, etc.. Il en était de même partout où les représentants des autres firmes opéraient.

Au village de Bibé (trois jours au sud-ouest de Minvoul) au sud du N'Tem, le chef m'a signalé avoir obtempéré comme les autres villages de la contrée, à des réquisitions (non payées) de vivres, moutons, etc., exécutées en mai ou juin 1905 par un détachement d'une quinzaine d'hommes de la Schutz truppe, venu du N'Tem, où alors se trouvait un capitaine allemand (vraisemblablement M. Foerster) qui, en effet, exécutait la mission officieuse dont j'ai précédemment parlé 2.

1. Le capitaine Cottes au commissaire général du Congo 27 juillet 1906.

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