Le même au même
sur le Haut-Ivindo ou Aïna et qui avaient d'autant plus ému l'administration locale que les moyens dont elle disposait au cours de ces dernières années ne lui permettaient pas d'entreprendre l'exploration et l'occupation méthodique des territoires situés à l'ouest de la concession accordée en 1905 à la Compagnie, la N'Goko Sangha *.
Après les fonctionnaires de la colonie, les membres du Gouvernement. Le ministre des Colonies reconnaît, lui aussi, la violation continue de notre frontière. Voici le témoignage de M. Milliès-Lacroix :
11 est certain que les Allemands ont établi des factoreries sur le territoire de la colonie du Gabon. Il est certain que les traitants noirs se sont infiltrés dans les régions concédées à la compagnie, y ont fait des actes de commerce dont ils ont fait bénéficier les factoreries allemandes 2. Il n'est pas douteux que la compagnie a pu constater l'emploi de procédés destructifs et notamment l'abattage de tous les arbres à caoutchouc 3.
Le ministre des Affaires étrangères confirme :
11 est certain qu'il y a eu dommage. S'il n'y avait pas eu dommage, le ministère des Colonies ne m'aurait pas constamment harcelé pour que je soumette à Berlin les réclamations de la compagnie.
Comment aurais-je pu réclamer pour une compagnie française si elle n'avait pas subi des dommages et comment le ministère des Colonies pourrait-il soutenir à un moment quelconque que ces dommages n'avaient pas été subis et ne devaient pas être réparés, s'il me demandait d'intervenir auprès du gouvernement allemand pour obtenir des dédommagements ?
Il est avéré que les traitants allemands ont commis sur le territoire français et à une grande distance de la frontière, des abus dont la compagnie française N'Goko Sangha a éprouvé un dommage certain et considérable. C'est au point que les incursions
1. Le lieutenant Gouverneur du Gabon à l'administrateur Weber.
2. Commission des Affaires extérieures, sténographie du 29 juin 1908.