Mémoire de M. Milliès-Lacroix du 20 avril
de ces traitants ont traversé de part en part l'énorme territoire concédé à la compagnie française et atteint au sud le poste de Rebulard, situé sur le domaine concédé à une autre compagnie, la société du Haut-Ogoué.
En 1908, la commission des Affaires extérieures et coloniales de la Chambre des députés, après une minutieuse étude ae la question, décrit longuement cet extraordinaire état de choses. Le 29 avril 1910, le premier président de la Cour des comptes appelé par le Gouvernement à évaluer les pertes de nos nationaux, conclut dans sa décision :
Considérant que des dossiers établis, tant par la Compagnie de la N'Goko-Sangha, que par l'administration, il résulte, que pendant toute cette période de temps, les empiétements des commerçants étrangers sur le territoire de la compagnie ont été certains, permanents et importants, que ces commerçants avaient établi de nombreuses factoreries sur la concession de la compagnie.
Enfin, en 1911, la commission du budget a dû, par l'organe d'un rapporteur nettement hostile au Congo, reconnaître la réalité de ces faits affligeants. On lit, en effet, dans le rapport de M. Viollette, la mention « dont acte » en face de l'affirmation suivante d'un des témoins entendus :
Il n'est pas contesté qu'en 1905 et en 1906, plus de 35 factoreries étrangères étaient installées sur le territoire de la N'Goko Sangha 2.
Il va de soi que les troubles ainsi constatés lésaient gravement les intérêts des concessionnaires français, mais ils lésaient non moins gravement les droits et l'autorité