Rapport Viollette, annexes
de l'État français et ce point de vue, qu'on a laissé dans l'ombre, est le seul qui doive, ici, retenir notre attention. Quand les ministres disaient : « Le dommage n'est pas douteux », ils visaient le dommage incontestable subi par le concessionnaire, mis par l'inoccupation française et par l'occupation étrangère dans l'impossibilité d'exploiter les territoires dont le gouvernement français lui avait assuré « la jouissance exclusive et le privilège d'être seul à en recueillir les fruits 1. » Mais que dire du dommage matériel et moral subi par la France elle-même, du navrant aveu d'impuissance que cette situation révélait, des préjudices de toutes sortes qu'elle avait pour conséquence? De cela, le gouvernement ne parlait pas. Les fonctionnaires de la colonie cependant l'avaient averti. Dès le 27 juillet 1906, le capitaine Cottes avait écrit :
Les constatations, — que m'a permis de faire inopinément un grand mouvement tournant, dont le but était de percerle mystère dont s'enveloppait mon collègue allemand sur toute la section de la frontière à l'ouest de l'Ivindo mystère qui présageait même un arrêt des opérations de délimitation, dans le but patent maintenant de couvrir les opérations commerciales en cours et non liquidées encore, — ces constatations peuvent être mises à profit par l'administration pour poursuivre auprès des firmes mises en cause les réparations légitimes qui nous reviennent 2.
Le 8 août 1906, le commissaire général du Congo conviait de nouveau le Gouvernement à prendre en main la défense de l'ordre public et des droits de l'État :
Je tenais à vous rendre compte tout de suite de ces faits, car cette constatation de M. le capitaine Cottes doit nous permettre de revendiquer ultérieurement auprès des autorités allemandes des