LES BRAHMES ET LES YOGUIS
Nassudamy, dans la cour du tomple, est demeuré en prières ; puis d'autres yoguis sont venus se joindre à lui, et, durant une heure, ont gardé, accroupis parterre, rimniobilitrî la plus absolue.
Ils sont nus, avec des tatouages blancs et bleus sur le corps ; quelques-uns se sont mutilés ou gardent la trace de brûlures profondes.
Le brahmanisme, avec ses prati(iues étranges, cruelles, meurtrières, bien qu'empreintes d'une poésie sauvage et grandiose, pousse l'âme peu à peu, dans les goulFres de la folie. Los imaginations de la trimourti sont horribles ou obscènes. Dans les théories
des Védas, le dieu de toute science et de toute beauté ne se manifeste que par le viol et Tassassinat. Toutes les révélations supraterrestres, tous les progrès humains ne sont déterminés que par une lutte sanguinaire et toujours triomphante. Les gymnosophistes et les initiés de Zoroastre ont puisé aux mômes sources, mais c'est le faux Zoroastre, le Zoroastre noir qui est resté le maître de la théologie de l'Inde. Par le panthéisme qui règne aux derniers degrés de cette doctrine déojénérée, on arrive au matérialisme absolu, tout en niant obstinément la matière. La conséquence de ce panthéisme est la destruction de toute morale, la liberté dans le vice et dans la mort ; la puissance égale des ténèbres et de la lumière.
D'après ces dogmes, il est facile de comprendre l'exaltation progressive des brahmes, et leur grand rituel magique, la base de l'occultisme indien l'Oupnek'hat, leur enseigne les moyens physiques et moraux de consommer l'œuvre perverse et d'arriver, par degrés, à la démence qu'ils considèrent comme l'état divin.
Les yoguis, ou élèves des brahmes, attendaient ce soir-là leurs professeurs qui de-
valent leur lire des passages du livre sacré et commenter les textes avec leur réelle et universelle érudition.
Exactement, les vénérés arrivèrent sur le premier coup de minuit, vêtus de blanc, avec une bandelette jaune dans les cheveux. Ouelques-uns, très vieux, étaient d'une beauté majestueuse et sereine ; les plus jeunes avaient de longues paupières sombres qu'ils abaissaient souvent sur leurs yeux trop brillants, pleins d'une fièvre mystique ou voluptueuse.
Les yoguis se prosternèrent, élevant leurs mains au-dessus de leur tète, en murmurant le nom du Créateur quarante fois de suite sans respirer.
— Aum!
Le plus âgé des brahmes monta alors dans une sorte de chaire à ciel ouvert, dont le pied de granit rose représentait un lingam géant tendu vers les étoiles. Auprès de cette catliédre singulière un bassin de forme ovale, où s'épanchait une source, servait aux singes et aux vaches sacrées d'abreuvoir. Les basreliefs des murs déroulaient une ornementation erotique et fabuleuse, où les couples d'animaux se mêlaient aux couples hu-
mains pour de monstrueux embrassements.
Dans l'Inde, on n'est point choqué par ces images licencieuses que les vierges et les enfants contemplent d'un œil ingénu.
Le brahme prédicateur apportait le livre de l'Oupnek'hat qui est l'ancêtre de tous les grimoires et le plus curieux monument des antiquités de la goétie. Il est divisé en cinquante sections pleines de ténèbres. Mais des éclairs fulgurants le traversent parfois, rappelant l'évangile de Saint Jean, comme dans ces phrases :
(( L'ange du feu créateur est la parole de Dieu.
» La parole de Dieu a produit la terre, les végétaux qui en sortent et la chaleur qui les mûrit. »
Le vieux brahme chercha le rituel magique des enchanteurs indiens et lut ce qui suit :
<( Pour devenir dieu, -il faut retenir son haleine aussi longtemps qu'on le pourra, puis envoyer mentalement son souffle à travers les cieux et se rattacher à l'éther universel.
)) Il faut se rendre aveugle, sourd et aussi immobile qu'une pierre pendant des heures, en ne songeant qu'au Créateur qui est dans
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tous les animaux et protège la fourmi comme l'éléphant. La voix suprême se fera entendre de dix manières : Elle sera semblable au chant de l'oiselet, au son de la cymbâh^ au murmure d'un gros coquillage, au chant de la vinà, au bruit du tal, au soupir de la llùte de bacabou, au gémissement du pakaoudj, au son de la trompette et entin au rugissement du nuage. »
— Ddha ! ddha ! ddha î firent les yoguis, en mettant leur front dans la poussière.
« A chacun de ces sons, poursuivit le hrahme,le contemplateur passe par différents états, jusqu'au dixième où il devient dieu! » Voulez-vous être semblables à la divinité ?
— Nous le voulons.
— Allez donc émerveiller le monde par vos jeûnes et vos supplic<'s. D'ailleurs, si la Foi est profonde en vous, les plus affreux tourments vous procureront une inexprimable joie.
— Aum est grand !
— Hieu ne doit vous retenir, ni i oau, m h' feu.
— Aum est bon !
— Vous devez braver la niurL cii\ luib l'uijour!
— Aum est puissant.
— Et vous subirez les épreuves de la pendaison, de la dislocation et de l'écrasement aux fêtes de la déesse Kali?
— Nous les subirons.
— Vous mourrez s'il le faut?
— Nous mourrons.
— Le martyre d'un homme réjouit la divinité pendant mille ans, et celui de trois hommes pendant trois mille ans !
Le brahme qui avait parlé descendit du lingam sacré, efc jeta un peu de cendre sur la tète des yoguis prosternés, puis il demanda à Nassudamy quelle était cette femme qu'il avait amenée, car il n'ignorait rien de ce qui se passait dans le temple.
— C'est une des nôtres, répondit le jeune homme, et son zèle nous servira. Nous ferons un pèlerinage au bord de la « mère Ganga », nous cheminerons pieusement sur la rive sacrée du fleuve de toute croyance, nous irons sans nous fatiguer, de sa source à son embouchure, et nous fixerons, sur le lit de roseau des cadavres flottants, la petite lampe verte qui les guidera vers le séjour de liberté et de gloire. Siva, qui a pour tête et pour épaules les rochers de l'Himalaya, nous sou-
tiendra comme il a soutenu tous ceux qui l'ont servi. N'a-t-il pas supporté le poids même de la rivière « tombant de son front comme un collier de perles dont le fil s'est brisé? )) Nous emplirons d'eau divine les fioles de carabe et d'améthyste que nous porterons dans des paniers d'or garnis de plumes de paon.
— Le chemin est rude !
— Nous nous reposerons dans les pays ou les arbres entremêlent leurs branches comme des amants altérés de caresses, où les lleurs pâmées, comme des vierges qu'on viole, se changent sous les baisers du soleil en gommes ardentes, en aromates, en poisons...
— l'ne langueur vous prendra.
— Non, car après les délices des dri})as (lies verdoyantes), nous gravirons le Mérou, la montagne d'or où résident les dieux.
— Vous respirerez le soran (aconit) qui vous fera mourir.
— Les Palomen (brahmanes) nous assisteront !
— Puis ce sera la (jrichina (saison des sueurs) qui vous conduira à la varclui (saison des pluies). Les vapeurs cuivrées s'enlleront en « tours » et en « éléphant^ " 1«^ tour-
billon de la msiussim vous engloutira.
— Nous nous abriterons sous le deodar et le figuier des banians qui peut couvrir tout un peuple en prières !... Nous serons forts, car nous aurons la foi !
— Vous serez forts par la foi, mais vous serez faibles par Tamour !
— ^Qu'en sais-tu?
— Tu oublieras que tu as fait vœu de chasteté, et l'étreinte de cette femme affaiblira ta virilité astrale.
— Je l'aime en esprit et respecterai son corps... Je veux la consacrer à Kali, et, si les dieux le permettent, elle assistera à la fête de la déesse, assise sur le char.
— Sait-elle danser?
— Non, elle chantera pendant les sattis (sacrifices humains) ; sa voix est douce comme un roucoulement de colombe.
— Va me la chercher.
DANS LES PERLES, LES ROSES ET LE sA.NG !
Viamalah sommeillait sur son lit de jasmin et les dévédassi, les cheveux épars, mouillés de sueur et de parfums, gisaient aux pieds de l'idole. Elles étaient nues sur les tleurs mutilées, avec des traces do piqûres et de morsures aux seins.
L'une d'elles, avait voulu jongler avec des poignards, et portait à l'épaule une plaie profonde dont le sang s'échappait goutte à goutte, glissait sous l'aisselle et formait, à terre, une petite mare qui s'élargissait toujours. Une outre de vin s'était répandue, et le tleuve l'or' allait bientôt rejoindre le riiisselet rouge, entre les corps des dormeuses.
Sohahabalu serrait contre elh' un«^ p»'au
de léopard qui la cachait à moitié, le mufle de la bête caressant son sein délicat. Elle souriait à un rêve heureux, les lèvres micloses ; ses longs cils, doux comme des plumes frisées, faisaient ombre sur ses joues, et sa longue chevelure, violemment rejetée en arrière, comme dans l'imprévu d'une chute, s'étalait toute droite.
Ainsi couchées, abandonnées et dévêtues on distinguait mieux leur race.
Les femmes d'Avantika avaient des formes développées, la poitrine ronde, le giron fleuri en triangle et ne s'épilaient que rarement. Elles étaient souples et ardentes.
Les femmes du Maharashtra parfaitement belles, enseignaient, deux heures par jour aux jeunes filles nobles de Bénarès, la théorie des soixante-quatre sortes de voluptés, selon le Kama. Elles étaient payées très cher et portaient plus de pierreries que les autres, avec un yoni-lingam de sardoine au milieu du front.
Les femmes du centre, entre le Gansée et ^a Jumma, avaient la taille frêle et le bout des seins teinté de mauve. Elles tressaient des branches de jasmin autour de- leurs jambes jusqu'au secret fleuri de leur beauté
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brune, et semblaient assez réservées dans leurs étreintes.
Les femmes de Patalipoutra avaient les lèvres fortes et les prunelles enfumées comme dans l'extase. On les disait infatigables, et les Brahmes les choisissaient de préférence aux autres.
Les femmes de Punjab, aux hanches étroites, presque garçonnières, aux cheveux floconneux, couverts de poudre rousse, aux pieds mignons bagués d'opales, recherchaient Tamitié de leurs compagnes ; de môme les danseuses de Malva et d'Andhra. Ces dernières, aux yeux vifs à rellets d'aigue-marine, portaient les cheveux réunis au sommet de la tète par une étoile de saphir et se parfumaient tout le corps six fois par jour. Elles se déclaraient satisfaites de leur sort et ne quittaient presque jamais la pagode; mais elles étaient sujettes aux maladies nerveuses, avaient des crises fréquentes qui les renversaient sur le sol, agitaient leurs membres d'un treml)lement convulsif et leur mettaient une légère écume aux lèvres. On les disait alors possédées des pitris.
Les femmes de l'Oude, d'Aparatika et de Lat avaient des formes harmonieuses, des
paupières largement fendues r^ur des prunelles de velours sombre, des jambes jQnes, de larges flancs et des seins charmants toujours en révolte. Elles se couvraient de verveines et recherchaient toutes les sortes de baisers.
Quant aux femmes de Vanavasi et aux Dravidiennes, elles étaient d'une taille plus élevée que les autres, portaient des coiâures de plumes et mimaient surtout les épisodes guerriers des anciennes légendes. On les croyait insensibles et fières, malgré leur beauté ardente, leurs yeux de soleil et leur croupe onduleuse. Quand on leur demandait la cause de leur froideur, elles répondaient :
— Nous méprisons les hommes et nous dédaignons les femmes..: les dieux nous visitent pendant notre sommeil...
— Quels dieux? des incubes, alors?...
— Oui, mais il y a aussi les succubes qui sont les déesses de la nuit... Rien ne saurait rendre la douceur de leurs baisers. Nous ne songeons point aux hommes, mais nous évoquons ces esprits voluptueux.
— Des vampires, des lémures, des larves haineuses !
— Non, des êtres de joie et de force.
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Les femmes qui faisaient commerce avec les pitris mouraient presque toutes de mort violente ou se suicidaient.
Parmi ces dévédassi, pourtant si séduisantes et choisies avec soin, Viamalali était encore la plus accomplie. Elle avait, surtout, un charme pénétrant et rare épandu jusque dans Tongle de son petit doigt, une façon' irrésistible de sourire, et ses regards d'ombre chaude enveloppaient les êtres d'effluves magnétiques, doux comme des frôlements.
Elle était aussi d'une race supérieure, plus aftinée et plus vaillante, une intelli;z»^nce se ^ jageait d'elle comme un parfum s'échappe a une corolle. Parmi ces joyaux superbes, mais accessibles aux fantaisies fastueuses des. privilégiés, elle était le bijou unique que cherche l'artiste poète durant toute une vie.
Xassudamy, penché sur elle, la contemplait ardemment en prononçant des paroles indistinctes. Alors, sans ouvrir les yeux, endormie toujours, mais obéissant à son pouvoir fascinâteur, ♦H- <e leva, rajusl» ^'^voiles et le suivit.
Le vieux brahme attendait, debout, serein et majestueux sur sa chaise de granit rose
(Tu'il rrrnnvrnit irilfl pan dc sa r*^b«** V'ïnn'ïi^
Nassudamy appuya les mains sur les épaules de la jeune femme et la fit ployer lentement, jusqu'à l'agenouillement devant le chef.
— Elle est belle, dirent les autres, et pourrait servir à nos plaisirs. L'œuvre de chair aussi est agréable aux dieux, et nous chercherions avec ce lotus de miel, ce calice d'élection, de nouvelles voluptés très rares et très difficiles.
— Non, fit Nassudamy avec autorité, les pitris m'ont révélé l'avenir, et Viamalah doit rester vierge pour l'accomplissement des volontés mystérieuses de la divinité. Je vais l'emmener à travers le monde pour éblouir les âmes !...
— C'est dommage ! murmura un brahmine aux longs yeux caressants et lumineux, aux lèvres sensuelles, c'est dommage !... Les femmes sont de beaux fruits que les dieux ont mis sur notre route pour calmer la soif d'amour , elles n'ont point d'autre mission...
— Je pense différemment.
— Vous allez contre les intentions divines en donnant à ces êtres inférieurs une importance qui peut les rendre présomptueux et vains... Il ne faut demander à la femme que
la perfection des formes et la soumission aux caprices de l'homme.
— Je vous abandonne toutes les dévédassi du temple, qui ne sont que des poupées de luxure, mais je garde celle-ci qui est de race illustre et que j'ai vouée à la déesse.
— Tu n'es qu'un yogui! crièrent les brahmes affolés par la beauté de Viamalah qui, toujours endormie, venait, dans un mouvement inconscient, de dévoiler ses seins aux pointes d'ambre rose et son dos plus poli que l'ivoire.
Mais le vieux brahme leur imposa silence, sans doute parce que ses désirs n'ardaient plus depuis longtemps, et que, ne pouvant posséder cette corolle d'élection, il préférait qu'elle ne fut à personne.
— Dites-leurque j'ai raison! supplia Nassudamy, en se prosternant devant la chaire auguste.
Mais, le vénéré ouvrit un livre kabbalistique, qu'il gardait pour les questions embarrassantes, et lut, parce qu'il n'avait plus l'impruvisatiôn facile, et que les mystères des livres sacrés répondent à tout, n'expli(juant rien.
» Le vulgaire prend habituellement en
toutes choses l'ombre pour la réalité. Il méprise la lumière et se mire dans l'obscurité. » Les forces de la nature obéissent à ceux qui savent leur résister. Celui-là dispose de l'amour des autres qui est maître du sien. Voulez-vous posséder ? Ne vous donnez pas. » — Je ne me donne pas, je prends, dit Nassudamy, et ma force astrale est si grande que . je sortirai de mon tombeau pour confondre les hommes. Celui qui voit l'essence individuelle des êtres résidant dans l'unité et tirant de là son énergie marche vers la toutepuissance!
Le vieux brahmane passa plusieurs pages. Comme il approchait de sa fm, l'idée de la résurrection l'intéressait beaucoup plus que l'amour. Il lut :
« La mort est toujours précédée d'un sommeil léthargique et ne s'opère que par degrés ; la résurrection est possible, lorsque la volonté n'a point déserté le corps, et beaucoup d'êtres achèvent de mourir après leur inhumation. Une énergie lucide peut agir sur la masse de la lumière astrale, et, avec le concours d'autres énergies qu'elle absorbe, déterminer de grands et irrésistibles courants de vie. »
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Ici, le vieillard se livra à quelques réllexions personnelles, que la peur de mourir lui avait soudain suggérées, malgré la fatigue de l'âge, et il parla abondamment et confusément sur beaucoup de questions obscures qui pouvaient s'interpréter de toutes les façons. D'ailleurs, il est à remarquer que les choses absurdes sont les seules qu'on ne combat jamais.
— Mon lils, je te donne le pouvoir sacré. 11 t(3 sera loisible, par une émission véhémente de iluide magnétique, de foudroyer un être vivant.
— • Gela m'était déjà possible.
— Peut-être. D'ailleurs ta force surnaturelle s'étendra plus loin encore. Tu possèdes la lumière astrale, l'élément de l'électricité et de la foudre que Siva met quelquefois au service de la volonté humaine. Tu connaîtras, puisque tu as commerce avec les pitris, les lois mystérieuses de l'équilibre qui asservissent les puissances bonnes et mauvaises. Mais il faudra purifier ton corps par les épreuves de la vie factice et de la mort apparente; il faudra lutter contre les vampires de Tàme, les fantômes de l'hallucination "♦ -riisir l;i clarté qui passe sur nous
avec la rapidité de l'éclair; il faudra égorger les chiens farouches qui aboient dans les rêves, et mesurer sans terreur la profondeur de Tablme où peut te faire choir le moindre faux pas!... Souviens-toi toujours que si tu n'es pas pur de corps et que si la domination de quelque passion terrestre te soumet encore aux fatalités de la vie, tu te brûleras à tes propres feux.
— Je m'en souviendrai. D'ailleurs, le but suprême est atteint de deux manières : Les contemplatifs s'appliquent à la connaissance (jnana) ; ceux qui pratiquent l'union mystique s'appliquent aux œuvres (karma). J'imiterai ces derniers.
— Les .dieux t'ont donné assez de puissance magnétique pour fasciner les bêtes féroces et^ à plus forte raison des hommes...
— Je ne redoute ni les bêtes ni les hommes...
— Par les projections de ta lumière astrale, tu feras tressaillir les plus invincibles. Les animaux n'attaquent que ceux qui les craignent. Tout être intrépide et désarmé peut faire reculer un tigre par le magnétisme de son regard. Le monde est peuplé de fauves... Va combattre pour la bonne cause!
Quand il eut terminé, il demanda à Nassudamy s'il désirait que la vierge fut délinitivement consacrée à la déesse Parvati, et sur la réponse affirmative du fakir, il saisit un lingam de bronze qui rougissait sur le feu sacré d'un réchaud, et en toucha la néophyte entre les seins.
La peau fuma, crépita, une acre odeur de chair brûlée couvrit le parfum deFencenset Viamalah se renversa en poussant un grand cri.