‹ Le mystère de Kama: roman [magique]Chapitre 25 sur 35 · VIAMALAII REFUSE DE TENTER LES DIEUX · texte numérisé non relu

VIAMALAII REFUSE DE TENTER LES DIEUX

— Alors, Fleur de Comète, ce remède est souverain?...

Gloire de la Lune, Rayon de Miel et Parfum Céleste examinent avec curiosité le gourgouri de péridot et les feuilles roussàtres, à la senteur d'amande amère, que Viamalah vient de poser devant elles.

— Une chose me tourmente. (Juelle raison cette femme, que je ne connais pas, avait-elle de s'intéressera moi?...

— Quelle raison aurait-elle de te faire du mal?...

— Je ne sais... N'est-ce point encore une de ces nâtis maudites que protège le yogui?...

— Puisffuoquo tu es alléo dans sa maison,

tu dois savoir à quoi t'en tenir?... Les nàtis ne quittent pas le temple.

— Et puis, dit Parfum Céleste, une dévédassi n'aurait pas osé braver la colère de Kama.

— Peut-être Kama est-il contre nous; ce dieu est si capricieux !

Les petites suivantes frémirent.

— Ne l'accuse pas ! il est le seul bienfaiteur de la femme !

— Il est aussi son bourreau et ne se prive pas de nous sacrifier à son bon plaisir.

— 0 Kama! pardonne lui! sanglota Parfum Céleste avec épouvante, elle t'accuse mais elle n'a pas l'intention de t'offenser! Le mal d'amour, Ton mal, seul, la fait parler ainsi. Souris-lui et tout sera oublié!

— Vois-tu, suggéra Gloire de la Lune, il faut, ce soir même, essayer le charme.

— Oui, appuya Piayon de Miel, nous nous cacherons derrière un rideau, comme le soir de tes noces, et nous te prêterons assistance, s'il en est besoin.

Viamalah réfléchissait, balancée entre son

désir et de funestes pressentiments. Puisque

tout avait échoué jusque-là, il était peu pro-

. bable que ce remède eût plus de succès que

les autres. Pourquoi cette inconnue triompherait-elle où tant d'oracles fameux et de pythonisses avaient éclioué?...

— Que risques-tu?... demanda encore (lloire de la Lune.

— Achilgar fumera ces feuilles merveilleuses et n'en mourra pas.

— Au contraire ! lança Rayon de Miel dans un éclat de rire.

— Elles doivent avoir un goût délicieux?

— Tiens, cette parcelle sur ma langue me fait songer aux douceurs enivrantes du homa.

— Il me semble que les désirs déjà s'allument en moi !

— J'entends un bruit de baisers!

— Ne veux-tu pas me laisser fumer une feuille?... rien qu'une petite feuille?...

— Non, dit Viamalah, pas même un bout déracine... Tu es assez folle sans cela.

— Alors, va trouver Achilgar...

— Et nous regarderons...

Mais Viamalah serra la plante mystérieuse 'et le gourgouri dans un petit coll'ret d'ivoire.

— Peut-être cette femme a-t-elle dit vrai, et ne ressent-elle [)Our moi que de bons sentiments ; peut-être, au contraire, sert-elle la

cause de Nassudamy, et son intervention secourable n'est-elle qu'un jeu méchant.

Quoi qu'il en soit, je ne veux pas user de tels moyens pour détruire l'envoûtement qui pèse sur moi et sur Achilgar. Le temps, sans doute, apaisera la colère des dieux.

— Le temps n'apaisera rien et les pitris te posséderont de plus en plus.

— Hélas! soupira Viamalah, je ressens, chaque nuit, le même trouble étrange; une présence occulte se manifeste.

— Et tu subis l'odieux baiser des vampires d'amour !

— Il me semble que ma vie s'échappe par la blessure secrète de mon cœur; j'ouvre mes bras dans le vide.

— Et tu te donnes au deit^^as de l'air, aux Rakhsasas du rêve, sans profit pour personne, caries ombres ne comptent pas... Tiens, tu n'es qu'une, égoïste !

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