ALES
fe
lement et immuablement, les effets surnaturels de ce grand mystère. Notre âme, n'étant pas fixée dans le bien, demeure toujours libre, hélas! après avoir été nourrie par lui du froment des élus, de courir après des chimères, de se laisser prendre aux vaines illusions de la chair et du monde, de se laisser séduire par des ombres de bonheur. Et notre expérience sacerdotale, notre pratique du ministère, ne nous apprennent que trop la facilité, la légèreté, avec laquelle les fidèles oublient le caractère de sanctification dont ils ont été revêtus à la table sainte, l’insouciance avec laquelle ils profanent à nouveau, par le péché, ces corps et ces Cœurs qui étaient devenus pourtant les tabernacles du Dieu vivant. C'est que le libre arbitre, dans notre nature déchue, est une puissance fragile ; l’homme est un roseau, que le moindre souffle agite en sens contraires !, Et le vent de l'Esprit
LE
1. « Gratia est forma quædam habens esse completum in anima, ideo est in ea mutabiliter, sicut anima est mutabilis secundum liberum arbitrium, in via. » III°, P. qu. Ixiii, art. 5, ad 1®,
vient à peine de Je redresser vers le ciel, ou de l’incliner du côté de la lumière, de la « beauté divine toujours ancienne et toujours nouvelle », que les passions mauvaises le secouent et le font pencher dans l'ombre, le souillent et le dépouillent.
Et d'ailleurs, quelque fidélité qu’-pporte l'âme à rester unie au Dieu de l’'Eucharistie. si jalouse qu'elle soit de garder la saveur de la manne céleste, qu’elle a cueillie au banquet des anges, elle ne peut pas voir les ineffables transformations, la divinisation opérées en elles par l’Eucharistie. Elle y croit fermement, elle les adore, elle en a l'intuition Surnaturelle,
elle a comme la sensation de ces merveilles. Mais elle ne les voit pas. Or, la foi est un état temporaire et imparfait.
La perfection de la foi, c'est la vision
éternelle. Notre Seigneur, qui est la per-
fection infinie, ne peut pas ne pas vou-
loir produire des opérations parfaites.
Et, puisque notre condition terrestre ne
lui permet pas de porter, jusqu’à leur
suprême développement, les effets essentiels à l'Eucharistie, il se réserve d'achever
leur consommation dans la gloire. Ah oui, c'est là le terme auguste où s’accom Pliront dans toute leur étendue, et se ré vèleront dans toute leur splendeur idéale les mystères eucharistiques. Participan à l’immutabilité divine, l’âme ne pourra plus commettre d’infidélités envers Dieu :
mais sa volonté, fermement assise dans la Substance Incréée, se portera éternel.
lement vers elle d'un mouvement jamais ralenti, jamais fatigué. Là, elle n'aura jamais faim, elle n’aura jamais soif d’autre chose que de Dieu. Et Dieu excitera éternellement sa soif en l'apaisant toujours ; toujours il éveillera sa faim en la rassasiant éternellement. L'âme, liée au Christ-Jésus par une union indissoluble, verra clairement les affinités qu'il y a entre elle et Lui ; et pour les siècles des siècles, elle sera heureuse et comblée, par le fait de cette alliance absolue avec l'unique objet pour lequel elle avait été créée. Et la grande lumière du jour sans déclin rendra diaphanes ces mystères eucharistiques célébrés ici bas. En les contemplant dans leur réalité, dépouillés de
. Ah!
accomse réidéale, icipant pourra Dieu ; > dans ternel.
jamais n'aura ’autre Citera t touen la ée au luble, LS s des >, par avec t été sans S eucons de
leurs voiles et de leurs énigmes, notre être glorifié mélera sa voix au cantique éternel, et Comprendra tout le sens des mots qu'il avait si souvent entendu retentir ici-bas, au son des cloches, dans la pénombre et le silence des églises, au moment où le prêtre, en qui s’incarnait
le Christ-Jésus, allait immoler sur l'autel la Victime sans tache : « Saint, Saint, Saint, est le Seigneur le Dieu des armées.
Les cieux et la terre Sont remplis de sa
gloire. Hosanna dans les hauteurs des cieux ! »