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l'homme ni un autre motif, mais l'unique bon plaisir divin.
Cependant si Dieu se détermine très librement à décréter l'Incarnation, il se propose toujours une fin digne de lui, communiquer sa bonté, révéler ses perfections-. En décidant cette manifestation, il pouvait vouloir que sa gloire serait procurée par l'Incarnation en elle-même, indépendamment de toute condition, ou bien dépendamment d'une hypothèse qui lui permettrait de concilier et de glorifier à la fois sa miséricorde et sa justice, c'est-à-dire en vue de réparer la chute.
Qu'il ait pu choisir l'un ou l'autre de ces deux plans, voilà qui est incontestable pour quiconque reconnaît la suprême indépendance de Dieu. Chacune des deux combinaisons présente de hautes convenances qui peuvent, non pas nécessairement, mais légitimement, terminer le bon plaisir divin.
Mais, si Dieu pouvait vouloir, qu'a-t-il voulu en fait et en vertu du présent décret qui aboutit à l'Incarnation? Tout le problème est là. Il n'y a pas à s'occuper des autres plans que la souveraine Liberté aurait pu adopter, des décrets qu'elle aurait pu porter dans telle et telle autre hypothèse : qui peut se flatter d'avoir pressenti les desseins de l'Eternel, qui oserait scruter et explorer ce que Dieu peut penser ou vouloir (i)?
Voilà la vraie question à résoudre : en vertu du présent décret, l'Incarnation est-elle subordonnée à la Rédemption de telle sorte que le Verbe ne se
(1) « Quis enim hominum poterit scire consilium Dei? Aut ruis poterit cogitara quid velit Deus? » Sap., ix. 13
serait pas incarné s'il n'y avait pas eu l'homme racheter?.