LUC, V
(5) JO.\N., m, 16-17.
(6) I Epist. JOAN., m, 5. « nie apparult ut peccata nostra toileret; et peccatum in eo non est. »
(7) i Tim., h 15.
dure. Ainsi, selon la remarque de Gonet, parce que les saintes Lettres ne nomment que trois personnes en Dieu, il n'est plus permis de penser qu'il y en a quatre, de même, parce que la révélation ne signale pas d'autre motif de l'Incarnation que la réparation de l'humanité, on n'est plus autorisé à dire qu'il en est d'autres, et nous avons le droit d'opposer à toutes ces hypothèses une fin de non recevoir.
Les thomistes font encore valoir cette preuve : Le nom imposé par Dieu même doit exprimer l'essence, la réalité foncière, première, fondamentale. Or, le nom propre du Verbe incarné, le nom donné par Dieu, dans le plan actuel et en vertu du présent décret, c'est Jésus, c'est-à-dire Sauveur et Rédempteur. D'oii il suit que la réalité voulue par Dieu en vertu du présent décret c'est le salut des rachetés : donc, sans la Rédemption, sans le péché que la Rédemption répare, point d'Incarnation.
La tradition patristique n'ajoute rien à l'Ecriture en faveur de l'autre opinion. Les scotistes apportent, il est vrai, des citations nombreuses, qu'ils alignent avec complaisance à la suite les unes des autres; mais tous ces témoignages, comme ceux des Livres saints, peuvent s'entendre ou du Verbe à raison de la nature divine ou du Verbe rédempteur; aucun ne dit : le Verbe serait venu sans le péché.
.\ chacun des textes il suffit d'opposer cette distinction et celte remarque; les citations peuvent s'allonger indéfiniment, la preuve n'avance pas.
Nous avons, au contraire, des témoignages explicites qui disnnt en propres termes : sans le péché
il ne serait point venu. « Si la chair n'avait pas dû être sauvée, écrit saint Irénée, jamais le Verbe de Dieu ne se serait fait chair (i). » — « Que le Fils de Dieu se soit fait homme, ajoute saint Athanase, cela ne serait jamais arrivé si la nécessité des hommes n'en avait été la cause (2). » — « Si nous n'avions point péché, dit à son tour saint Cyrille d'Alexandrie, le Fils de Dieu n'aurait jamais pris notre ressemblance (3). » — La formule incisive de saint Augustin est pleine d'énergie : « Si l'homme n'avait point péri, le Fils de l'homme ne serait point venu (4). » — Ailleurs le saint Docteur se fait fort de prouver, par de nombreux passages de l'Ecriture, que Notre-Seigneur Jésus-Christ n'est point venu pour un autre motif que celui de vivifier, de sauver, de délivrer, de racheter les hommes (5).
Que répliquer en face de ces témoignages? — Les Pères, disent les scotistes, veulent seulement exa.;>îje la venue du Christ dans une chair mortelle, non point l'Incarnation dans une chair glorieuse ou impassible.
La réponse n'est point recevable. D'abord, elle affirme gratuitement cet avènement du Verbe dans un corps immortel, hypothèse dont on ne peut trouver aucune mention ni dans la Tradition ni dans les saintes Lettres. En second lieu, elle est inconciliable avec les textes cités, qui rejettent l'hypothèse elle-
(1) s. IREN., Y Adv. Hœres., c. xiv, n. l: P. G., VII, 1161.
(2) S. ATHAN., II Cont. Arian.; P. G., XXVI, 268.
(3) S. CYRILL. ALEX.4.NDR.. Dlal. 5 De TTinlL; p. G.. LXXV, 963.
(4) S. AUGUSTIN., Serm. CLXXIV, n. 2; P. L.. XXXVIII, 940.
(5) Cf. S. AUGUSTIN., ne Peccat. mer. et remlss., llb. i, c. xxvi;