‹ Le Mystère de l'IncarnationChapitre 37 sur 97 · PREMIER COROLLAIRE : LA MATERNITÉ DIVINE DE MARIE · texte numérisé non relu

PREMIER COROLLAIRE : LA MATERNITÉ DIVINE DE MARIE

Le terme de la génération étant le suppôt ou la personne, il faut appeler Mère de Dieu la créature bénie dont l'action génératrice se termine à une personne divine. On n'est point le père ou la mère d'une nature, mais bien d'une personne. Chez nous les parents, quoiqu'ils ne produisent pas l'âme, sont cependant le père et la mère de l'homme tout entier,

(1) s. Ctrill. Alexandk., Eptst. ad Nestor.; P. G., LXXVII, 456.

(2) Cf. DENZINCER, 114, 216, 219.

(3) Cf r.e Mystère de la Très Satrde Trinité, pp. 305. 327.

parce qu'ils posent l'action qui se termine à la personne humaine : ainsi la bienheureuse Vierge, sans être d'aucune manière la mère de la nature divine, est cependant la Mère de Dieu, de ce chef qu'elle pose une action génératrice dont le terme est un Dieu.

Tout cela est un corollaire évident de l'union hypostatique. S'il n'y a en Jésus-Christ qu'un seul suppôt, celui du Verbe, qui supplée la personnalité créée, l'action génératrice de Marie a nécessairement pour terme le suppôt divin, et, partant, la Vierge est véritablement Mère de Dieu, Oeorôxoç.

L'expression était déjà employée avant les luttes ariennes; car Alexandre d'Alexandrie, au début du quatrième siècle, se sert de Oîotôxo; comme d'un mot déjà en usage, ce qui démontre qu'il était connu dans la période précédente (i).

Saint Thomas explique, avec un charme et un bonheur particuliers d'expression, comment cette doctrine est véritablement scripturaire. « Bien qu'on ne trouve pas dit expressément dans l'Ecriture que la bienheureuse Vierge est la Mère de Dieu, on y trouve expressément que Jésus-Christ est vrai Dieu et que Marie est la Mère de Jésus-Christ. Il suit donc nécessairement des paroles de l'Ecriture que la bienheureuse Vierge est la Mère de Dieu (a). »

(1) Cf. E. NEUBERT. Marie dans l'Eglise anténicéenne. I" part. Paris, Lecoffre, 1908.

(2) S. THOM., III p.. q. 35. a. 4, ad 1

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