‹ Le Mystère de l'IncarnationChapitre 42 sur 97 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Du point de vue catholique, toutes ces théories sont libres, et il ne semble pas que l'Eglise doive jamais intervenir pour en imposer une de préférence aux autres.

Les deux dernières sont les seules qui nous paraissent fondées en philosophie : le mode négatif de la première n'explique rien, et la seconde, en niant la distinction réelle entre l'essence et l'existence, se heurte à d'insolubles difficultés.

La troisième et la quatrième s'accordent sur le point fondamental : il n'y a dans le Christ qu'un être d'existence, tandis que les deux essences ou les deux natures restent toujours distinctes dans l'union. Les divergences sont assez secondaires : la troisième opinion soutient que le Verbe ne supplée qu'une seule perfection, l'existence, la quatrième dit que le Verbe supplée deux perfections distinctes mais subordonnées, la subsistance et l'existence.

On comprend mieux, cependant, avec la théorie commune des thomistes, comment la nature assumée est véritablement l'humanité du Verbe. Puisqu'elle

est terminée par la subsistance du Verbe, elle a été créée telle, dans son individualité, dans ses perfections, en vue du Verbe, qui était sa fin et sa raison d'être, qui devait la consacrer, l'épouser pour 1 "éternité! On trouve ainsi plus ravissante et plus belle une humanité qui a un tel couronnement.

Quoi qu'il en soit, d'ailleurs, de la solution adoptée, tous les théologiens confessent que l'union est réelle, substantielle, immuable, et que le Christ est véritablement l'Homme-Dieu, digne objet de ce culte et de cet amour qui ont vaincu le monde...

Cette métaphysique de l'Incarnation intéresse aussi la piété, elle nous aide à saisir, à goûter, à savourer, cette pensée de saint Thomas, si profonde, si touchante, et qui sera notre conclusion : « La vie corporelle du Christ, à cause surtout de son union avec la divinité, avait une telle dignité que la perte de cette vie même pendant une heure devrait inspirer plus de douleur que la perte de toute autre vie humaine pendant un temps indéfini (i)! »

(1) « Vlta autem corporalis Chrlsti fuit tantae dignitatls, et prœcipue propter divinitatem unllarn, guod de ejus amissione etiam ad horam inagis esset dolendum quam de amissione vitaî alterlus hominis per guanturacumoue tempus. » III P., g. 46, a. 6, ad 3.

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