CHAPITRE m Les caractères de runion bypostatique
ELLK EST l'upQON LA PLUS FORTE ET LA PLUS INTJMB QUI SE PUISSE CONCEVOIR (l)
L'union est d'autant plus étroite que le sujet oi!i elle s'accomplit est plus un en lui-même et plus étroitement uni à chacun des deux extrêmes qui s'enlacent par elle. Or, la personne dans laquelle se réalise l'union bypostatique est en elle-même l'unité absolue, l'unité subsistante, l'acte pur, l'infinie perfection; elle est intimement unie à chacune des deux natures : à la nature divine, d'abord, puisqu'elle s'identifie entièrement avec elle; à la nature humaine, ensuite, puisqu'elle lui communique sa pro-
(1) Cf. s. Thom., m p., q. 2, a. 9, et ses commentateuBS.
pre subsistance, sa propre existence, par un embrapsement indissoluble.
L'union hypostatique est donc incomparablement plus forte que l'union de l'âme et du corps dans l'homme. Celle-ci suppose l'imperfection dans les deux parties, elle aboutit à un terme qui n'est pas la simplicité absolue, et, parce que terme est corruptible, elle est brisée par le trépas. Dans l'Incarnation, au contraire, les deux termes sont parfaits, c'est-àdire deux natures complètes, la personne qui les tient unies est la simplicité divine, et l'union elle-même est immuable et immortelle.
De là cette belle pensée de saint Bernard : « Au sommet de toutes les unions il faut mettre cette unité de la Trinité par laquelle trois personnes sont une seule substance et aussitôt après cette unité par laquelle trois substances (i) sont une seule personne (2)! »
Comme on comprend bien la force de cette union quand on considère la puissance et l'amour qu'il a fallu pour la réaliser! Les deux natures, l'humanité et la divinité, se trouvant à une telle distance l'une de l'autre, il fallait pour ce rapprochement une tendresse infinie disposant d'une puissance infinie.
C'est, aussurément, un fécond et magnifique sujet de méditation que cette union ineffable. Oui, précisément parce que les deux termes étaient plus éloignés l'un de l'autre, la force qui les rive ensemble est plus intense. .\vec quel élan elles s'étreignent,
(1) C'est-à-dire le corps, l'âme, la divinité. Voir le chapitre suivant, n. iv.
(2) S. BBBNARD., De Consid.. 11b. V. c. VIII, n. 19; P. L., CLXXXri, 799-800.
ivec quel amour elles se livrent l'une à l'autre, avec quelle intimité elles persévèrent dans cette personnalité unique qui les associe pour une éternité 1
Nous avons fait remarquer plus d'une fois que l'humanité a été individuée, constituée telle, en vue ie l'union : dès lors, comme elle doit se donner d'une donation irrésistible à cette divine personne qui est sa fin dernière I...