II PET., I
(2) Il ne faut pas confondre le surnaturel substantiel et le surnaturel essentiel, ou quoad substantiam. Le surnaturel subs-
ELL3 EST SUPéRiEURE A TOUS LES AUTRES DONS QUE DIEU PUISSE FAIRE A LA CRÉATURE
C'est le corollaire de la doctrine exposée. Les autres dons, même la grâce consommée, même la gloire inamissible, rentrent dans le rayon des unions
tantlel c'est le surnaturel Incréé, Dieu en lui-même ou Dieu communiqué par l'union hypostatlque; selon l'enseignement commun des théologiens, il répugne absolument que Dieu puisse, même par sa toute-puissance, créer une substance surnaturelle. Le surnaturel créé se ramène donc à l'ordre des accidents gratuits. ,„„,i„^ ,o .*,
On appelle surnaturel essentiel ou quoad substantiam la réalité qui par son essence même, par sa cause formelle, dépasse toutes les natures créées; et surnaturel modal, quoad modum la réalité qui dépasse toutes les forces de la nature, son à raison de sa cause efficiente, comme dans la résurrection, soit à raison de sa cause finale, comme les actes des vertus acquise» quand ils sont orientés par la charité vers la vie éternelle. - Cf P GiRRiGOU-LAORANGE, Revue Thomiste. mai-Juin 1913. — Le surnaturel substantiel est, évidemment, surnaturel quoad substantlam, mais tout surnaturel quoad substantiam n'est pas le surnaturel susbtantiel. ,„*,^^ „„.
Puisque Dieu en lui-même dan.s sa vie propre et intime est le surnaturel par excellence, on pourra appeler surnaturel quoad substantlam ce qui nous fait participer ou à la nature propre de Dipu, comme la grâce sanctifiante, ou à l'opération propre de Dieu, c'est-à-dire à sa connaissance et à son amour, soit par les actes de la patrie, soit par les actes salut^ilres de l'état de voie, qui sont essentiellement ordonnés vers Dieu, fin surnaturelle de l'homme.
La participation de la vertu propre de Dieu, dans la causalité instrumentale, pour guérir un malade, ressusciter tm mort, etc.. se rapporte à la cause efficiente et n'est, en soi. que le surnaturel quoad modum: ce sera cependant le surnaturel quoad subslantiam si la réalité produite dépasse, par son essence, l'or.îre entier de la nature : ainsi la vertu qui concourt à la producicn de la grâce sanc'.iflante est essentiellement Eurnaturclîe.
accidentelles et restent toujours des participations limitées de la vertu, de l'opération ou de la nature de Dieu. Si l'habitation de la sainte Trinité dans les justes est une présence substantielle, elle n'est pas une union substantielle, c'est-à-dire, si Dieu est présent en nous par sa substance elle-même et non point seulement par ses dons, sa substance, pourtant, ne s'unit pas à la nôtre au point de former un seul tout substantiellement un : c'est encore l'union accidentelle, qui se réalise entre l'hôte et sa demeure, entre le souverain Seigneur et le temple où il prend ses délices. Subsister par la subsistance de Dieu, exister par son existence, voilà le don unique, le plus grand des bienfaits, de même qu'il est impossible d'avoir un terme plus noble que Dieu!
« Dans le Christ, Dieu n'est pas seulement l'hôte de l'âme sanctifiée : il est, de plus, par son Verbe, le suppléant de la personnalité humaine, le constituant d'une personnalité divine en laquelle la nature humaine subsiste comme le fer rouge dans le feu qui rayonne (i). Le Christ possède ainsi une grâce éminente, que nul ne peut supasser ni même égaler. C'est elle qui fait de son âme l'objet unique des préférences divines. C'est cette grâce, sans doute, que le Père céleste, ravi de sa splendeur et de son charme, attesta solennellement lorsqu'il disait au-dessus du Jourdain où le Précurseur baptisait Jésus-Christ (Matth., III, 17) : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis mes complaisances (2). »
(1) Ce n'est là qu'une comparaison, qu'il ne faut pas pousser trop loin.
(3) P. SCHWALM, G. P., Le Christ d'après saint Thomas d'Aquin, pp 62-63.
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