ELLE EST ÉTERNELLE ET INDISSOLUBLE
Commencée avec la conception de Jésus dans le sein de Marie, elle n'a jamais été interrompue et durera toute l'éternité.
Pendant les trois jours de la mort, l'âme a été séparée du corps, le corps a été séparé du sang, mais l'âme et le corps et le sang sont restés unis à la personne du Verbe. L'hypostase divine qui les avait saisis au premier instant ne les a point abandonnés, l'union merveilleuse a été plus forte que la mort, et la résurrection n'a pas eu à rétablir ce qui était demeuré intact et inviolé. Le Verbe, l'âme, le corps, le sang, ont gardé la même subsistance, l'humanité sainte a toujours été adorable (i). « Ni le supplice ni la mort, s'écrie saint Léon le Grand, n'ont pu briser cette union (a), m
Le Verbe pourrait, assurément, retirer à la nature humaine un bienfait qui reste toujours gratuit, mais nous sommes assurés par la foi que l'union ne doit jamais cesser.
L'Evangile nous garantit que celui qui est né de Marie, ce Christ que constitue l'union hypostatique,
(1) Voir 10 traité De Incarn. conlra Apollin., 11b. Il, n. 16; P G XXVI. 1159; S. J. DAMASC. De Fide Orlhod.. 11b. III. c xxv'ii; P. G.. XCIV. 1608, ss.; S. THOM.. III P.. q 50, aa. 1 et 2.
(2) S. LEO M.. Serm. 68 De Passlone Dominl, xvii, c. l; P- L.. LIV. 375.
aura un règne éternel (i); l'épître aux Hébreux redit que Jésus, qui était hier, sera également dans tous les sièlces, qu'il demeurera à jamais et que son sacerdoce sera éternel (2). Puisque le sacerdoce ne va pas sans l'union substantielle, qui a sacré Jésus prêtre au nom de l'humanité (3), cette union est absolument indissoluble.
Le concile de Chalcédoine entend cela quand il dit' que nous devons reconnaître un seul et même Christ Fils de Dieu et Seigneur en deux natures sans confusion, sans changement, sans division, inséparablement àxwpt'îTtoç (4).
Ce point de foi est expressément affirmé par le onzième concile de Tolède (675) : « Ni la divinité ne se séparera de l'humanité ni l'humanité de la divinité (5). »
La raison comprend facilement que Dieu n'abandonne jamais le premier, qu'il ne retire point le don insigne fait à sa créature, lorsque celle-ci demeure innocente,^ sainte, aimante, reconnaissante.
Le vrai chrétien tressaille, comme sainte Thérèse, au souvenir des paroles du symbole : Cujus regni non erit finis; il se réjouit de savoir que le Christ est heureux pour une éternité, et il désire s'attacher à lui par la grâce et l'amour, afin d'être en lui et par lui rivé pour toujours au bonheur.
(1) Luc, I, 31. ss.
(2) Hebr., vu, 24, xiii, 8.
(3) Cf. Le Mystère de la Rédemption, th. v.
(4) DE3VZINCER, 148.