‹ Le Mystère de l'IncarnationChapitre 63 sur 97 · MATTH., VIII · texte numérisé non relu

MATTH., VIII

monothélites, que Notre-Seigneur eut toujours deux natures complètes, deux volontés et deux opérations. Elle n'a pas spécifié, en propres termes, qu'il avait deux sciences; mais l'expression répétée si fréquemment dans le troisième concile de Constantinople, deux opérations naturelles, duas naturales operationés, Bûo 'iu7ixaî c'vepyeîaç (i), ne serait point vraie si l'Incarné manquait de la première opération naturelle de l'âme, la connaissance intellectuelle. Que cette science soit une qualité, une habitude, la foi ne le dit point, c'est affaire de psychologie; mais ce que la foi enseigne, au moins équivalemment, c'est que le Christ, vrai homme, avait une vraie connaissance humaine.

2° Il est de foi, contre l'arianisme et toujtes les formes du subordinatianisme, que la science du Verbe est non seulement infaillible, mais encore infinie, puisque c'est la science d'une personne divine.

3° C'est une doctrine catholique sur laquelle aucune discussion n'est permise, appartenant même au dépôt de la foi, que l'âme de Jésus n'a jamais été soumise à l'erreur. Une telle infaillibilité est une conséquence nécessaire de l'union hypostatique. S'il est vrai que toutes les propriétés, toutes les actions des deux natures, appartiennent à l'unique personne, l'erreur sera imputable au Verbe de Dieu. Le Verbe a bien pu assumer certaines de nos infirmités physiques qui pouvaient concourir à la fin de l'Incarnation et à l'exécution du plan rédempteur, mais il devait exclure absolument tout ce qui contrarie cette

(1) DENZINCER, 291-202.

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fin divine, tout ce qui est, de soi, un désordre, comme le mal moral, soit dans l'intelligence, l'erreur, soit dans la volonté, le péché.

D'ailleurs, l'Evangile nous révèle un Christ parfait : juge qui voit tous les secrets des cœurs (i), prophète qui lit dans l'avenir (2), docteur du surnaturel qui vient rendre témoignage à la vérité (3), maître que Dieu nous commande d'écouter (4), guide qui nous indique le chemin et nous empêche de marcher dans les ténèbres (5).

Comment serait-il tout cela et comment y aurait-il pour nous obligation de le croire, s'il demeurait sujel à l'erreur?

L'Eglise a condamné les théories contraires : en termes généraux, celles de Hermès et de Guenther (6), d'une manière spéciale celles de Loisy (7).

Qu'il suffise de reproduire les propositions xxxii et xxxni condamnées par le décret Lamentahili :

« On ne peut concilier le sens naturel des textes évangéliques avec l'enseignement de nos théologiens touchant la conscience et la science infaillible de Jésus-Christ. — Il est évident pour quiconque n'est pas guidé par des opinions préconçues ou bien que Jésus a enseigné une erreur au sujet du très prochain avènement messianique, ou bien que la ma-

(1) MATTH., IX, 4, Xn, 25.

(2) MATTH., XX, 17, XXVI, 21, 25. 31-34. 49-57; MAHC. X, 31. — Voir plus haut.

(3) MATTH.. XXIIt, 10; LUC, IX. 35; JOAN., XIII, 13.

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