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LA LIBERTÉ DANS LE CHRIST. LE PROBLÈME

Il est de foi que Notre-Seigneur comme homme a joui de la liberté complète. L'Ecriture insiste sur cette vérité : Il est mort, parce qu'il l'a voulu, il s'est livré volontairement, et personne ne pourrait prendre sa vie s'il ne consentait à la donner (i); il a choisi la croix quand il pouvait jouir (2); c'est un amour libre et gratuit qui le porte à se sacrifier pour nous (3).

L'importance de ces textes a été relevée par les saints docteurs. « Il pouvait, dit saint Jean Chrysostome, ne pas subir la croix, s'il l'avait voulu (A). » — « Il est mort, ajoute saint Augustin, parce qu'il l'a voulu, quand il l'a voulu et comme il l'a voulu (5). »

La preuve théologique s'appuie sur une double prémisse de foi.

Il est de foi, d'abord, que Jésus nous a mérité le salut, et le concile de Trente ne cesse d'exalter la valeur de ces mérites immenses et d'une efficacité universelle (6).

(1) ISA!., LUI, 7; Act., vin, 32; JOAN., X, 17-18.

(2) ffe&r., XII, 2.

(3) Gai., II, 20.

(4) S. Chrysost., Homil. 28 in Hebr., n. 2; P. G., LXIII, 1,93.

(5) s. AUGUSTIN., De Trin., 11b. IV, c. xiii, n. 16; P. L., XLII,

(6) CONC. Trident., sess. v, can. 3: sess. vi, cap. 3, 16, can. 10, 32; DENZINCER, 790, 799, 800, 809, 810. 820, 842.

Il est de foi, ensuite, contre Jansénius, que le mérite requiert la liberté complète, l'exemption, non seulement de toute violence et de toute coaction du dehors, mais encore de toute fatalité naturelle et de toute nécessité intérieure (i).

La difficulté est de concilier cette liberté parfaite du Christ avec son impeccabilité absolue.

Nous savons que la puissance de pécher n'est pas de l'essence de la liberté créée, mais plutôt un défaut du libre arbitre : cette imperfection enlevée, la liberté n'en demeure que plus entière et plus intense. De même que la liberté divine est plénière parce qu'elle ne peut se porter que sur le bien, de même la liberté du Christ sera intégrale parce qu'elle est indéfectible.

Le problème est donc par rapport au commandement que le Père a imposé à son Fils de mourir : si Notre-Seigneur doit obéir à cet ordre, reste-t-il libre encore.^ et, s'il peut y désobéir, reste-t-il impeccable.!*

ÏV

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