LES DIVERSES SOLUTIONS
De nombreuses solutions ont été imaginées, et on a pu en compter jusqu'à dix-neuf (3). Quatre d'entre elles, qui ont eu plus de fortune, parce qu'elles
(1) DENZINCER. 1094
(2) Cf. Christian pesch, prop. xxvi.
résument plus ou moins toutes les autres, méritent d'arrêter notre attention.
Première solution. Petau (i) et d'autres théologiens, soit anciens soit modernes (2), répondent que le Père Eternel n'avait pas imposé à son Fils un précepte rigoureux, mais manifesté seulement un désir, auquel Jésus s'est soumis de lui-même et qu'il aurait pu, sans aucune faute, ne pas accepter.
Cette théorie tombe devant les textes scripturaires. Notre-Seigneur se plaît à redire qu'il est venu faire, non sa propre volonté, mais celle de son Père (3); il a toujours considéré sa mort comme le terme certain de sa mission, comme le devoir fondamental de son office messianique. Sacrifier sa vie, voilà le commandement qu'il a reçu : Hoc mandatum accepi a Pâtre meo (4). S'il marche à la rencontre de ses ennemis et de ses bourreaux, c'est pour accomplir le commandement de son Père : Ut cognoscat mundus quia diligo Patrem et sicut mandatum dédit mihi Pater, sic fado. Surgite eamus hinc (5).
Qui peut nier que toutes ces expressions impliquent dans leur acception littérale un précepte proprement dit?
Les Epîtres répètent, d'une autre manière, que le premier cri de Jésus à son arrivée en ce monde a été un acte d'acceptation de la volonté divine (0), que le Sauveur a été obéissant jusqu'à la mort de
(1) PETAV., llb. IX, C. XI, n 6.
(2) Cf. Gard. fîiiLOi, thés. x>:x.