‹ Le Mystère de l'IncarnationChapitre 76 sur 97 · JO.\N., V · texte numérisé non relu

JO.\N., V

(6) Hebr., \, 9.

la croix (i). Or, l'obéissance est l'accomplissement d'un précepte véritable, comme la désobéissance est la transgression d'une loi ou d'un précepte qui lient.

D'autre part, résister même à un simple désir du Père, ne serait-ce pas une imperfection indigne du Saint des saints?

Enfin, cette opinion suppose qu'il n'y a plus liberté dès qu'il y a précepte rigoureux. Comment alors expliquera-t-on la liberté du Sauveur par rapport aux commandements naturels, qui étaient, à coup sûr, très rigoureux et auxquels il ne pouvait se soustraire. Fausse conception de la liberté et du précepte : fausse donc la théorie qu'on imagine pour les concilier.

Deuxième solution. Selon Vasquez (2), Lugo (3), etc., il y aurait eu précepte vrai quant à la mort elle-même, mais non quant aux circonstances de la passion. Semblable à un martyr qui pourrait choisir son genre de supplice, Notre-Seigneur a été libre dans le choix des circonstances et il a dépendu de sa volonté d'y ajouter des motifs exquis, de mettre dans l'exécution des sentiments très intenses.

Les données scripturaires contredisent cette explication. Les circonstances du drame rédempteur étaient prédites d'avance (4), et Dieu a voulu que son Fils s'y soumît : les Ecritures devaient s'accomplir, il devait en être ainsi; sic oportet fieri (5).

(1) Phtlipp.. II, 3.

(2) VASQLEZ, disp. LXXIV.

(3; Luco, disp. .\xvi.

(4) Voir, par exemple, le ps. xxi et Isaïe, lu et Llil.

Page 1