QUELLE EST LA PUISSANCE QUI CONVIENT, EN FAIT
A l'humanité du christ
Comme cause principale l'âme du Sauveur avait la puissance de produire tous les effets qui peuvent convenir à une âme humaine soit naturellement soit surnaturcllement, c'est-à-dire tous les effets qui procèdent d'un principe permanent et habituel, que ce soit une faculté naturelle, que ce soit une vertu
(1! Cf. s. Thom., III p.. q. 58, a. 3.
(2) Cf. La Causalité Instrumentale en Théologie, pp. 191-193.
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infuse. Ce qui est permanent devient propre au sujet qui le reçoit et, quand celui-ci agit, c'est comme agent principal et non point comme instrument qu'il agit (i). Cette âme parfaite pouvait donc, comme cause principale, gouverner son corps, produire les actes humains, mériter la grâce aux hommes, satisfaire pour leurs péchés, exercer les opérations de ses trois sciences : vision béatifique, connaissance infuse, connaissance acquise.
Comme cause instrumentale, l'humanité sainte coopérait à tous les miracles, à tous les effets surnaturels qui se ramènent vers la fin de l'Incarnation. La dignité du Sauveur réclame que toute prérogative accordée aux serviteurs, instruments séparés, soit communiquée excellemment à l'instrument conjoint du Verbe de vie. L'Evangile atteste ce pouvoir de Jésus : « Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de remettre les> péchés, lève-toi, dit-il au paralytique, prends ton grabat et va dans ta maison (2). » — C'est donc comme Fils de l'homme qu'il guérit le paralytique; l'humanité a concouru à l'œuvre propre du Verbe.
Pour indiquer que le Verbe prête constamment à l'humanité cette efficacité surnaturelle, saint Luc emploie une expression énergique et pittoresque dont les théologiens ont fait ressortir la richesse doctrinale : (( Une vertu sortait de Jésus pour guérir toutes les infirmités (3). » Saint Matthieu nous apprend, d'autre part, que l'usage d'une telle puissance dé-
d] Cf. La Causalité instrumentale en Théologie, pp. 10-11.
(2) MATTII., IX, />, ss.
(3) Lie, VI, 19, VIII, 43.
pendait de la volonté du Maître : « Seigneur, si vous le voulez, vous pouvez me guérir. Jésus étend la main et dit : Je le veux, sois guéri; et le malade est purifié de sa lèpre (i). »
Il fallait que le Docteur du surnaturel prouvât aux hommes sa mission divine par un pouvoir divin et qu'il étendît ses miracles sur toute la création : sur la nature, sur les hommes et même sur le monde angélique (2).
Cette prérogative n'a pas cessé avec l'Ascension : l'humanité glorieuse est encore aujourd'hui l'instrument de toutes les grâces et de toutes les merveilles qui s'opèrent dans l'Eglies. Nous avons expliqué ailleurs que Jésus est le grand voyageur des siècles : il passe pour sauver toutes les générations, et, dans sa course à travers les âges, il éclaire et réchauffe tout ce qui vit; les derniers représentants du genre humain devront proclamer encore que toute guérison, toute grâce, tout bonheur, dérivent de son humanité (3).
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LES INFIRMITÉS DE jisUS-CHRIST : LES ERREURS, LA DOCTRINE CATHOLIQUE
Les merveilleux privilèges dont fut douée cette humanité ne devaient la soustraire ni aux infirmités naturelles, ni à la souffrance, ni à la mort.