‹ Le Mystère de l'IncarnationChapitre 86 sur 97 · L.1. RAISON THÉOLOGIQUB · texte numérisé non relu

L.1. RAISON THÉOLOGIQUB

Ne perdons jamais de vue la doctrine de l'union hypostatique, cette notion d'une seule et même personne en deux natures. Il faut étendre l'adoration due à la personne aussi loin que s'étend la personne elle-même; et, par conséquent, toute nature ou toute partie de nature qui appartient à la personne divine doit être adorée de la même adoration que cette personne, c'est-à-dire du culte de latrie. Puisque l'humanité et toutes ses parties sont la propriété inaliénable du Verbe, elles sont adorables en lui et avec lui.

On peut considérer dans le culte ce qui est adoré et le moliî ou la raison d'adorer. Ce qui est adoré c'est le tout complet, c'est-à-dire le suppôt, la personne; le motif d'adorer, c'est la divinité, à laquelle l'humanité est unie hypostatiquement.

La divinité est adorée en elle-même et pour ellemême, l'humanité est adorée en elle-même et non pas seulement d'un culte relatif; mais elle est adorée à cause de son union avec le Verbe dans l'unité de personne.

Remarquons enfin qu'il n'en est pas de l'adoration du Sauveur comme de sa filiation.

La filiation convient à la personne et ne saurait

d'aucune manière convenir à la nature assumée (i); le culte, au contraire, l'honneur, l'adoration, bien qu'ils aillent principalement à la personne comme au terme total et définitif, s'étendent cependant à tout ce qui est uni à la personne, soit à l'âme soit au corps. Ainsi en Jésus, la nature humaine n'est pas fille, mais elle est adorable et elle est adorée tout entière de la même adoration que la divinité, à cause de l'union personnelle avec la divinité.

Oui, il est digne, l'Agneau qui a été mis à mort, digne de recevoir puissance, divinité, sagesse, force, honneur, gloire et bénédiction (2).

(i\ Vnir nlns hnnt, pp. 168, 8S.

(2) Apoc. V. 1!12.

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