Y8A.GAR
N'y a que le prendi'e et meiieiet le faire eu chai'ti'e saillir ; alors ne pourrons nous faillii*,
i;{u)u car se n*avons Êûs criiniuaulx avant, les ferons tous nouveaulx I)ar faulx tesmoingz ou aultrement, qu*il en meure viUainement comme ung faulx ineurtner recrcu,
1 sûj car tousjours nous serons creu ou il u'ai*a point d'audience.
JHBROBOAN
Demeurons sur celle sentence, qu'en quelque lieu qu*il soit trouvé com honune infâme et reprouvé
13610 ^it admené en consistoire.
NiooDBMUS, pharisien.
Seigneurs, il n'est pas bien notoire que les moyens que tous querez soient par droit délibérés du fait de ce Jhesus icv,
I36i:> car posé qu*il fust ore ainsi
qu il eust plus grans meffais conuuis que ceulx que luy avez sus mis, la loy noua dcffent et remoii; de juger a Thomme sa mort
ViiAV ne discuter de son offence jusqu'il poit oy en présence, afBn qu'il soit questionné et sagement examiné, car il est de droit qu'il responde,
i%£) affin que le juge se fonde dessus sa deposicion.
Saulve meilleur oppinion, par mon conseil soit appointié, avant que de nens soit traittié
13630 du fait de la mort d*iceluy, qu*il soit premièrement oy, et peust estre qu'en sa deffence vous trouverez si peu d'offencc qu'a mort ne Foeerez juger.
MARDOŒUS
%:c Tant qu'est de Toir langager, nous en sonunes tous endm'cis ; nous contendons qu'il soit occis [>om^taat que nostre loy blasphème.
Nous sçavons très bien, Nicodemc,
^jH) que le portez a recellee |K)ur ce qu'il est de Galilée et vous estes de son pays ;
vous estes prince des Juilz
qui les escriptures sçavez :
13645 cerchez les bien, vous ne ti*ouvez
que prophète de congnoissance
en Galilée ait prins naissance :
le pays en est foituné.
Or eu est cestuy Jhesus né ; liJOàO si peust conséquence estre faicte
qu'il n'est Cristus ne vray prophète :
si ne s'i fault point arrestcr.
NAASON
J'ay ad visé pour le temptor
par une voye assés exquise :
13055 nous avons une femme prise
et en adultère trouvée ;
bon est qu'elle luy soit menée
au temple voir qu'il en dira.
Soubtillement respoudera 13660 s'il évite ceste falace :
s'il dit qu'elle doit avoir grâce,
il desdit la loy de Judée
qui dit qu'elle soit lapidée
et l'ordonne a perdre la vie :
13665 s'il dist qu'elle a moi't desservyo
ou doit souffrir lapidement,
il se desdit et se desment :
car en ses sermons ne recorde
que doulceur et miséricorde 13670 et que pitié soit en vigueur,
et il usera de rigueur
qui luy sera ung grand esclandre.
£LIACUiN
Veez la si très bomie demande qu'on ne sçaroit trouver meilleure.
BANAN1A8
13675 AUohs la fournir de ceste heure, tandis qu'il est au temple assis, et afiin qu'il soit plus pensis se le peuple le voit couffus.
Jcy mectent la femme ou millieu d*etUœ tous sur la terre y et dit
NAASON
Chei' maistre, oncques rej>ris ne fus 13CS0 de sentence non véritable,
et monstre ta bonté notable
que tu es de hault lieu venu.
Sur ung cas qui est advenu
nous voulons bien oir ta voix :
13685 ceste femme icy que tu vois
a esté prise en adultère ;
i^^ le Huinque A. — 13604 re<'eit C — 136fô nous lous A. — 13610 mené ou A. ■— ^3619 ung houime a mort A. -- I53j lie la loy lengaiger C. — 13645 trouuereK B. C. ^ 13^6 dadulterc achoitiuniiee B. C. — 13686-87 aduUairc Or MIS voalt moyse escripre U. C.
Pas. 12
MISTERE DE LA PASSION
or nous dist Moyse et dedere eu la loy qui feli a garder que telz gens devons lapider ; 19690 mes avant Texecucion
nous eussions bien devocion d*en ouir ce qu'il vous en samhle»
car nous congnoissons tous ensemble que vous estes sage et soubtii.
Icy escript Jhesus en terre de son doit.
JOATHAM
19695 Mes quelle oppiuion prent il d'escripre de son doit a terre ?
NAGHOR
Je n'y sçay apparence querre :
dont vient Tymaginadon?
Maistre, saulvez la question 13700 que ce seigneur vous a touché.
Cil de vous qui est sans péché et sans faulte ^ieugne bon erre et gette la première pierre :
autre sentence je n'y couche.
13705 11 a proféré de sa bouche les propres paroles et dittes qu'il avoit en la terre escriptes, et nous a bien soUu et brief.
Icy Jhesus escript de rechef de son doit
en terre,
JAGOB
Encor escript il de rechief :
13710 ne sçay d'où vient ceste fumée.
JHEROBOAN
C*est de sa rage acoustumee, qu'il ne daigne parler a nous.
JORRAN
Gonmient, seigneurs, ne voyez vous quelz escriptures il nous point ?
13715 II escript tout de point en point nos péchés, vous le voiez bien.
MARDOCXUS
J'y recongnois très bien le mien qu'oncques a personne ne dis.
YSAGAR
Si £Eiy je les miens plus de dix, I37i!0 qu'il a escript en certain pas.
JHBROBOAN
Et moy.
11 ne m'oublye pas^
et atant me pars de la feste.
EUACHIN
' Je voys après.
BANANIAS
Je suis bien beste de moy tenir en ces partis ; 13725 tous mes compaignons sont partis a dueil et a confusion.
Mes par qud reveladon peust il congnoistre nos méfiais ?
grant admiradon en fais ; 13730 or est la chose bien nouvelle.
C'est le deable qui luy revdle ;
il use de l'art niagicalle,
et sera la chose très malle
se nos haulx princes n'y pourvdent.
JHBSUS
13735 Femme, ou sont ceux qui t'accusoient tu n'as d'ame esté oondampnee.
JHBZABEL, la pescherresse.
Sire, grant grâce m'est donnée, considéré mon grant oultrage ; et par vostre soubtii language
13740 ilz n'ont osé sur moy assoir leur sentence,
JHBSUS
Tu as dit voir, et comme ilz ont fait je feray, car point ne te oondampneray :
va et te garde de mefiaire, 13745 ne pèche plus, veille bien iJEÛre, et bien t'en vendra en la fin.
JHBZABEL
0 prophète doulx et begnin
ou gist toute miséricorde,
de mon grand mefiÎEdt me reoorde
13750 ou mon corps s'estoit adonné ; or m'est doulcement pai'douné, par quoy tant que je viveray au vice ne retourneray dont tant ay esté diffamée,
13755 et est ma volenté fermée de semr Dieu dorénavant.
âiHON, le pharisien^ Grant temps a que suis désirant
13688 qui fût B. - 13708 en brief C. — 137J80 a nxanque B. — 137Sl-«8 mawnitent C. ^ 13723 Bt moy api B. Et moy aussi G. — 13730 Et est G. — 13746 ne G. — 13750 ordonne B. — 13757'^ld866 manquent C* /M déchiré. !
SECONDE JOURNEE
d'avoir Jhesus en ma pourprise :
le peuple grandement le piise,
13760 car il fait des Tertus foison ; maintenant ay bonne achoisou quand je le voy en ma présence.
Ne sçay &'il fera conscience de venir mon lieu visiter ;
13765 devant luy me vois présenter, si luy feray une requeste.
Sire, j'ay ma viande preste et bien préparé mon manoir, s'il vous y plest venir manoir
i.ïïTO et y prendi-e la pacience, selonc mon petit de science je voustendray bonuestement, et vous pry amoureusement qa^il ne me soit point escondit.
13775 Simon, ainsi que tu Tas dit, ta demande soit accomplie.
SIMON
Or me suyvez, je vous supplie, et admenez toute vo gent, et tandis seray diligent 137SU d'aller faire la preparance.
Frères, nous avons grant penance souffert ce jour, je le sçay bien :
allons sur le pharisien prendre nostre reffcction.
s. MATHIEU
13785 De toute nostre affection accomplirons vostre vouloir.
SIMON, pharisien.
Or ça, sire, venez vous seoir et toute vostre compaignie, et nous ferons cbere jolie i^7:90 fie telz biens que pourrons avoir.
RUBEN, juif.
Icy ne gaignons riens a voir, chacun prongne place a la table.
ABIRON, juif.
De ma place me vois pourvoir, icy ne gaignons riens a voir.
8A.FPRET, varlet.
137S5 Ça, s'il fault riens, je fais devoir
d'en servir,. s'il est pix)ffitable :
buvez, faictes chère notable, mon maistre le veult.
JUDAS SCARIOTH
n dit voir :
icy ne gaignons riens a voir, 13800 chacun prengne place a la table.
SIMON
Jhesus, prophète vénérable, vous me soiez le bieii venu.
SAKFRBT
Chacun ti'anche dini et menu tant que viande durera :
13805 s'il n'en y a, on en rara, j'ay fait bonne pi'ovision.
MA DEL AINE
Or voy je la confusion
des grans pèches dont je suis plaine ;
or voy la malédiction 13810 de Thorreur ou péché me maine ;
Or voy je la destruction
de ma povre nature humaine,
et s'il n'y a provision,
en malheure fus Madclahic.
13815 Madelaine suis je nommée,
jadis gente et bien renommée
de bonne generacion ;
Or me suis je en tout mal fermée,
tant que partout je suis blasmec 13820 pecherresse en perdicion ;
Ma beaulté, ma perfection
est tournée en tel vitupère
Que c'est abominacion
par quel moyeu et mocion I38ii5 j'ay tant courroucé Dieu, mon père. 0 dolente et meschante famé,
o des aultrcs la plus infâme,
par quel point pouiTas éviter
La dure et destrcsscuse flamo 13830 d'cnler, ardant le corps et Tamc
sans jamès ame respiter ?
Ta coulpe t'y veult ja citer,'
justice t'y veult inviter,
raison, vérité t'y proclame ; 13835 11 n'est en moy d'y résister
s'a vous ne me viens présenter,
13:60 h'il vous plaist dy B. — 13770 Ce jour prendrez la B. — 13774 point manrjue B. — 13778 tout vostre A. — ISÎîS prende B, et plus loin, 138<'0 prengne B. — 13819 steis renommée B. — 13881 // manque un vçrs pour la régu- '-^riié 'ir la strophe A. B. — 13835 a moy B.
MISTKKE DE LA PASSION
iiiiseiicoi'dc, liaulte dame.
Rivière de miséricorde, par qui tout pécheur se racorde
13840 a Dieu pour son péché lavei-,
Ruisseau de paix et de concorde,
pour amollir la dure corde
de justice qui peust grever,
en quel lieu vous pourray trouver ?
13845 Je vous quiers assés incertaine, mes Jhesus en est la fontaine comme j*os en tous lieux prouver.
Et pour ma pensée achevei*, jamès jour je ne cesseray
13850 jusqu'à ce que trouvé Taray ; c'est celluy qui me peust donner grâce et ma coulpe pardonner, et je le croy pour ma partie.
Or suis de nouvel advertie
13855 qu'il est en l'ostel de Simon, le pharisien de grant nom :
s'y vois sans rester longuement atout ma boitte et l'ongnement qui est moult cher et vertueux,
13860 duquel son saint corps précieux âera atouché et enoinct.
SA.KFRET
Qu*est cecy ? vous ne buvez point ; ilz sont simples comme pucelles :
et buvez fort : vignes sont belles, 13865 et pensez de vous appliquier.
SIMON
Mon cher maistre, je vous requiei* et vostre compaignie chère que vous fassiez très bonne chère, et vous me ferez bien joyeulx.
13870 Simon, les biens sont plantureux, s'est la feste bien maintenue.
madëlainë Helas ! or suis je parvenue a l'ostel que tant desiroie, et parçois mon bien et ma joie.
13875 le recoure de ma grant desti*es6e, et si n'ay cueur ne hardiesse de luy declairer mon affaire.
Povre famé, que dois tu faire ?
seras tu hardie d'entrer
13880 et ta maladie monstrer
a dl qui en est le vray mii'e ? Entrer ! comment l'as osé dire ?
pecherrcsse désordonnée, a tout mal faire habandonuec,
i:tô85 se doit elle trouver en placer devant tant digne et sainte fac j comme le benoit filz de Dieu ?
suis je digne d'occuper lieu devant le trésor de tous biens,
13800 qui suis puante comme fiens
))ar péché qui ainsi m'attournc t c'est mon meilleur que je retourne.
Retourner ! femme, que dis tu ?
cueur vuide de toute veitu,
13805 qu'est il de ta bouche sailly ?
aras tu donc le cueur failly ?
veulz tu faire ta demourance au chasteau de désespérance ?
veulz tu prendre ta mansion
13000 au puteau de perdicion ?
mourras tu de soif assei'vye devant la fontaine de vie ?
Nennil, il n'yra pas ainsi :
tu l'iras requerre mei*cy
13005 franchement, puisque tu l'as dit, car oncques il ne l'escondit a cueur confies et repentant ; helas ! et je me repens tant qu'a mal ay volu consentir !
13910 Ne tendra il qu'au repentir ?
ha ! si fera, car veez cy honte et paour qui si fort m'affronte qu'a peu qu'ilz ne me font retrairo.
J'ay deux poins de sorte contraii'c :
13015 l'ung est que se j'entre dedens esclandrir pourray plusieurs gens et le saint homme qui y dine, ot aussi que j'en suis indigne ; et d'autre part se je remains,
i:)020 mes péchés vilz et trop grevains me demourront, et en fin mort étemelle, qui me remort.
Le meilleur sens que je y voie
*13839 qui manqur A. — 13840 son manque A. — 13846 qui est B. — 13848 querelle B. — 13840 resteray B. — IS^ mon ch«r A. — 13871 Est la feste B. Et si est la C. — 13875 liesse A. — 13880 luy deinonstrer C. — 138S3 qQ« Kuis G. — 13S00 Je suis A. — 13900 ponsseau B. de ta mencion G. — 13901 soyef C. asso^'uie B. — 13915 «e m^l '/ue G, — lo922 qui fort me G. — l;i923 conseil que jy G.
SECONDE JOURNEE
c*est de tenir moyenne voin :
l'yj^ j'entreray dedens yoirement
me» ce sera secrètement,
et ne seray pas au dessus,
mes aux piez du très doulx Jhesiis
m'iray geter tout en pleurant, vma humblement mercy requérant
du méfiait qui me griefve moult.
Icy entre dedens aux pi-is Jhesus^ et les oinct
et lave de larmes^ et les essuie de ses chv^
reivr.
Saffret, verse du yin paiiout, il me samble qu*anie ne boit.
SA,PFR£T
11 ne &ult que lever le doit, 13935 je soi» prest oonuue ung chandelier.
RUBEN
Simon, a vérité parler cfste compaignie est infâme.
SIMON
Gomment, Ruben ?
RUBEN
De ceste famé qui est entrée en ceste court :
vm vous sçavez la voix qui en court et comment elle est diffamée.
ABIRON
Elle est 9i très mal renommée que c'est grand pitié de son fait, et s*a mon gré en estoit fait, i:^^5 oUe allast quérir autres lieux.
RUBEN
Vostre honneur n'eu vault pas do mieulx, von la compagnie haultaine.
SIMON
Ce me samble a voir Madelaine, qui est si plaine de jeunesse.
ABIRON
OKo C'est voir, c'est celle pechen^esse, qiii en Judée n'a pareille.
Ht comment dea, je m'esmerveille comment Jhesus que l'en renomme tant saint et tant vertuable homme pj la seuffre si près aproucher :
c'est bien pour son los reproucher ; j'en ay en mon cueur grant anguois^se, car posé qu'il ne la congnoisse de renommée ne de famé
13060 (non obstant qu'elle est tant diffame que tout le monde le répète), nentmoins s'il estoit vray prophète, comme plusieurs ont dénoncé, cecy ne luy fust pas musse,
13965 ains en eust vraye congnoissanoe.
Simon, ne te tourne a grevance, img peu de chose t'ay a dire.
SIMON
Or le dis tout a ta plaisance :
volentiers l'escouteray, sire.
13070 Je te dis que ji^dis estoient
deux debteurs qui foison dévoient de finance a ung usurier :
IjCs debtes de l'img qui restoient bien a cinq cens deniei*» montoient ;
i:i075 l'aultre a cinquante a nombre entier. Or n'ont de quoy paier tous deux ; h'U leur quitte que riens n'y clame, si te demande lequel d'eulx plus ferme son créditeur ame ?
SIMON
13080 II me samble a mon jugement que cil, a qui plus largement a donné, luy est plus tenu.
JHBSITS
Juste jugement as rendu et cecy vient a mon entente.
13085 Vois tu ceste femme présente?
quand en ta maison suis entré, tu ne m'as pas administré de l'eaue pour mes pies laver :
et celle est venue arrouser
i:iooo de larmes a gi*ant habondance mes pies par vraye penitance ; baisié ne m'as ()as a l'entrée :
ceste depuis qu'elle est entrée ne scet son vouloir appaisier
13095 de mes piez tenir et baisier ;
tu n'as pas enoint mon chief d'huile : ceste, comme sage et soubtille, a enoint mes piez souffreteux d'oingnement cher et précieux ;