‹ Le mystère de la passion d'Arnould GrebanChapitre 117 sur 218 · PHBUPPB · texte numérisé non relu

PHBUPPB

Il m'est advis que je regarde 17800 Judas qui vient tout assyraply.

D'où venez vous, je vous supply.

Judas ? moult avez demouré.

Tay depuis beaucop labouré

pour nostre maistre et pour nos fi'eres :

17805 j'endure beaucop de misères pour vous et a vostre fisiveur ; a mal heure fus receveur, oncques ne vint de mon conseil :

j'en ay la peine et le traveii

17810 quand les aultres sont a reppos.

s. UBHTUKLBMT

Ne tenez jamès ce propos :

qui bon maistre servir entend par droit bon loier ai attend.

Nous souffrons volrment de la paine,

17815 mais combien qu'elle soit grevaine vray espoir nous donne sdenoe de la porter en padence, et que pour nostre affliction arons la retribucion

17880 de gloire en parfaiote alliance.

JUDAS

Quant a moy, c'est mon espérance et est tout le conffort que j'ay.

17764 retourner B. — 17793 Estes vous prests G. -^ 17797«96 manquent G. — 17882 Et tout le coniTort que jy ar C

SECONDE JOURNEE

JHfiBUS

Mes très chers auûs, je prendray congé a vostre compaigDie,

17S& a vous, Marthe, et a vous, Marie, et a vous, sire Lazaron ; moy et mes frères en iron en la sainte cité de Dieu parfaire nostre cène au lieu

17830 que j'ay ordonné pour ce faire.

MARTHB

Helas ! et nous ûtut il deffaire de vostre compaignie ainsi?

si la vous eust pieu faire cy nous en eussions fait meilleur chère.

17S35 Marthe, ma honne hostesse et chère, cela ïi'ay je peu consentir, mais je vous laisse au départir ma mère, et vous la recommaus.

MADBLAINB

Cher sire, tous vos hons commandz i7S40 accomplirons sans riens mesprendre.

0 filz, c'est donc au congé prendre ?

com triste ces parlers escoute :

encore du congé me doubte qu'il ne soit pour tout et final,*

17S45 dont je sens mon cueur si très mal qu*a peu que de larmes ne font ; mes puisque ces choses se font par la providence divine, jamès Dieu mon vouloir n*encline

17S30 qu'il soit par mon veil retargé.

Mon filz doncques, je prens congé plourant de pensée parfonde comme a la chose de ce monde de qui plus me plest le reppere.

I7£i5 Je requier a Dieu, vostre père, qu*il vous conserve et vous convoyé si bien que hriefment vous renvoyé a la joye de mon désir.

JHBSUS

Mère, ne prenez desplaisir 17860 du deppart, n'en soyez merrie : confortez vous avec Marie et avec Mai-the doulcement en attendant benignement que la volenté Dieu se face.

M06TRB DAME

iTSs; Très sainte et précieuse face,

pour mon doUant ci eitr appaisier

au deppartir prens ung baisier

puisqu'aultre chose n'en aray,

car jamès tant que voué ci^erray 17870 je n'aray liesse en mon ame.

Icy s'en va Jhçsus et tous ses appostres au lieu

, de la cène.

MADBLAINB

Reconfortez vous, chère dame ; j'ay espoir que brief le verrons et que du voir possesserons parfaicte joye en nostre cueur.

NOSTRE DABfB

17875 Helas ! Marie, chère seui*,

quel reconfort pourray je avoir, quand tout le bien et tout l'avoir que jamès je pouoye attendre se part de moy ?

MARTHE

Le congé prendre 17880 ne doit pas sambler si mauvais veu que ce n'est pas pour jamais :

ung peu de temps va tost passant.

Dieu le scet qui est tout puissant, mes j'en fais amere doubtance.

LAZARON

17885 Je requier Dieu par sa puissance qu'il le garde d'adversité.

s. PIERRE

Bien appoint avons appresté :

veez cy nostre maistre Jhesus et nos frères tretous venus ; 17890 n'y a que de se seoir a table.

Paix soit en cest hostel notable et a tous habitans en luy !

URION

Rienveignant sire, il n'a celluy de ma famille et de nous tous 17895 qui ne soit très joyeux de vous beaucop plus qu'on ne penseroit.

17834 Nous «uBsions fait meilleure A. — 17844 tousjours et C. -- 17S47 les choses B. C. — 17849 vueil C. — 17859 M* lucre C. — 17861 Déportes vous B. C. — 17868-69 autre nen puis auoir Car tant que vous pourray reuoir G. — 17if78 pouoye auoir B. — 17890 II ny a que de seoir B. Il nest que C,

MISTERE DE LA PASSION

PIRAOMON

Sire, qm se despescheroit de souper, ce seroit bien fait :

▼os gens ont paré et paifait 17900 Tostre cène très bien et beau :

il y a ung très bon agneau, du pain, des laictues sauvages, et si a de divers bruvages, et ne fust que Feaue et le vin.

17905 Loué soit le père divin

qaï de tant de biens nous pourvoit !

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