PROLOGUE
140 ùu limbe atienda^is la jotn^nce
et la tenue désirée
du dcntlx Messias nostre sire
pooient tels paroles dire :
4 Bon Dieu, pour nous confort livrer, iG € de ceste chartre griefve et lante
€ Tien icy pour nous délivrer
< par ta puissance precellante, »
A cestuy point co^nmancerons, et premier nous .vous monstreroi\s
150 les plaintes qtte faire pooient les pères qui ou limbe estoient, atiendans leur redempcion par la haulte incarnacion du doulz et benoit filz de Dieu,
155 ^t leurs plains en temps et en lieu entendit et amodera pour la mort q*uil en endura, Illa vouldrons laissier Vistoire par moyen d*interlocutoire
160 et moraliser un petit
pour contenter vostre appétit.
Nous metterons cinq parsonnages de cinq dames haultes et sages, e$ quelles Paix sera propice,
iflS Miséricorde avec Justice^ Vérité et puis Sapiencc ; et ce pour juger de V offense d'Adam qui fut le premier homme, quelle elle fut et de quel somme,
170 et s'elle est digne de pardon ou d'avoir si mauvais guerdon quejamès ne soit retournée.
Après la sentence donnée orrez raisons haultes et bonnes,
lîâ a fe quelle des trois parsonnes Père, Fils et saint Esperit, pour le gendre humain qui périt, Ufist faire repparacion en souffrant mqjrt et passion ;
lao et pour quoy ce divin mistere , appartient au Filz plus qu'au Père oti au saint Esperit de nom ; *' arguerons que si, que non, comme saint Thomas Va traictié
185 soubtillement en son traictié jur le tiers livre de sentences.
Si orrez argus et deffences pour qxcoy le fauUc penhé dampnable du deable fut irréparable,
190 condampné en Veternal fu,
et pour quoy Vhotnme allegié fit jwn obstant son péché très grief; et ce fait déduit assés brief, verrez conclure en audience
1^5 par la divine Sapience ; le vray filz de Dieu ordonné divinement estre incamé ou très saint ventre virginal ; et puis message especial
800 commis pour ano»cer Vaffaire a la très doulce et débonnaire vierge qui mère devait estre pour porter le doulx fruit celestrt venant du trosne supernel,
2C& Lors vendra l'angle Gabriel fa ire l 'adnun dation et après ferons mencion de la doulce nativité, poursuyvans sans prolixité
ao Veuxangile a nostre sçavoir sans apocriphe recevoir.
Si vous prions, seigneurs et dames, cojointement hommes et famés, que silence vueillez garder
215 et brief nous orrez procéder a Vayde du créateur, le quel noits doint par sa doulce ur si bien faire et vous bien ouir qu'a la par fin puissiom jouir
220 de la vision éternelle
de Dieu en gloire supemelle.
Amen.
Ouvrez vos yeulx et regardez, dévotes gens qui attendes 225 a oyr chose salutaire :
veillez vous pour to salut taire par une amoureuse silence ;
158 iUec B. C. — 159 et par B. C. manière A. — 161 noatre A. — 169 elle manque B. est C. — 170 guerdon B. - ITî pardonnee A. — 1"3 ordonnée B. G. — 174 ourrons B. — 178 appartient A. — 1S3 nous A. sargurons B. q'^e si et que non B. C. — 188 le mal pechie C. — 193 conclu A. — 196 le fils de Dieu estre ordo nne B. C. — &j2 Yiwge qui vierge B. G. — 2C6 denonciacion C. — 208 sa C. — 2C9 perplexité A. — 210 pouuoir A. — 211 «P«««M C. — 215 verre* B. — 216-222 manquent B. G. — 223-1732 forment te prologue dans B. et font placé* ^ l^tf du manuscrit.
MISTERE DE LA PASSION
^t verrez en hriefce sentence le fait de la création
230 et la noble plasmacion
du ciel, terre, angles et humains, en In'ief (car cecy, c*est du mains), et comme incident littéral a nostre propos principal :
JB85 nostre especiale m^atere
est de trai^Aier le hault mistere de Jhesus et sa passion sans prendre aultre occupassion.
Mes la creacion du monde
240 est ung mistere en quoy se fonde tout ce qui deppend en opprès :
si la monstrons par WrOS exprès ; car la manière du produyre ne se peust monstrer ne déduire
S45 par effect, si non seulement grossement et figuraulment ; et selonc qu'il nous est possible, en verrez la chose sensible.
DIEU LE PERE
Pour louer nostre majesté
250 et depai'tir nostre bonté non prîncipiee, non faicte, infinye, seule et paifaicte et q[ui n*a besoing riens quérir pour gloire totalle acquérir,
255 nous, ung en vraye trinité, trin en equalle éternité, Dieu régnant sans fin, sans mesure, sans indigence ou mespresure nostre altitude amendrissant,
260 tout bon, tout sage, tout puissant, tout beneuré, tout glorieux, esmeu d*un yoloir désireux, volons fSedre creacion, afSn que la relacion
265 de créateur a créature soit realement en nature.
Et en nous seul selon raison par celle subtille achoison, nous produirons nouvelles choses
270 dont les ydees sont encloses, reluisans éternellement, en nostre seul entendement.
Et pour commancer nostre ouvrage, créons le ciel en hault estage
275 d'une forme ronde espeiique affin qu'il conserve et impUque dedans soy ious les aultres corps et que liens ne se monstre hors.
Après créons quatre elemcns,
280 qui seront les commancemens coucurrens a causer la masse de toute creatui'e liasse, divei's en leur subtiHté, en vigueur ( t en qualité :
285 le feu comme le plus ysnel soubz la circuité du ciel situons pour prendre retrait ; après Tair, qui plus luy pourti*ait, ara dessoubz place opportune ;
290 et après Teaue, qui répugne du feu, convendra eslonger et dessus la terre loger, la quelle dernière ordonnons, lieu et stabilité donnons
295 du centre de nostre facture, affin que sa giiefve estature luy doint i-eposer au moyen de ce beau lieu celesticn ou toute aménité redonde.
300 Et ou plus beau de nostre monde créons angles en trois paities et en faisons trois jhcrarcliies :
en la première sont ydones chérubins, séraphins et troncs ;
305 en la seconde establissons les haultes dominacions, potestés et piincipaultés ; en la tlei'ce virtuaultés, archanges et après les anges,
310 pour sempiternelles louanges de nostre service obtenir.
Or sus a vostre bien venir, mes amis, mes vrays serviteurs, mes champions et conducteurs,
345 de leal vouloir vueillez tendre a nous rétribuer et rendre le service que me devez ; vostre chief suis, bien le savez,
288-1740 manquent G. — 236 diosister au B. » 242 si monstrerons les B. — 247 qui A. — 249 le Père manqui toujours A. — 257 no B. — 266 reaiment B. relacion A. — 967-272 manquent A. — 28d en B. — 287 creona poal prendre le A. ~ 289 dessoulz aura B. — 290 eau A. et manque A. B. C. eaue semble quelquefois compter powt trois syllabes, — 293 derraine B. — 301 danges B. -^ 304 Seraph., cher. B. — 307 priacip. et pot. R. — 316 a moy B.
PHOLOGUE
a qui devez obeyssance.
SBRAPHIN
m Honneur, puissance et reverance soit a vous, Dieu, hault créateur; a vous seul, comme a nostre acteur, devons louange et prefferance.
GHSaUBIN
En la vertu d*obediance m moy sachant vostre serviteur,
honneur, puissance et reverance soit a vous. Dieu, hault créateur.
MICHEL
Qui souffira tel precellance assez louer, hault plasroateur, 330 0 prepotent preliateur, 0 puissante magnificence ?
GABRIEL
Honneur, puissance et reverance soit a vous. Dieu, hault créateur; a vous seul, comme a nostre acteur, 33j devons louange et prefferance.
RAPHAËL
0 haulte et souveraine essence, vrayement louer vous devons ; cai* tout le bien que nous avons vient de vous, créateur et pei*e.
LUCIFER
M Quand mon estât bien considère, je suis de nature plaisant, elere, subtille et reluysant, de hault ùâi et puissance ardue :
de qui qu*el me soit descendue,
^-i') de moy seul le tien et tendray, grâce ne mercy n'en rendray :
trop grandement m'abesseroye, serviteur me i*eppnteroye ou je suis maistre et gouverneur.
3S0 Vous estes bien digne d'honneur, Lucifer, nostre principal ; en ce beau lieu celestial n V a créature si belle que vous.
LUCIFER
La vérité est telle ; 355 au moins le m'est il bien advis.
BBLZBBUTH
Nous ne voulons estre asservis* a aultre nature haultaine :
vous serez nostre capitaine, vos sers et compaignons serons, 360 et jamès nous n'obeyrons
a aultre, ^elque grand qu'il semble ; nous tendrons nostre fait ensemble contre tous puissamment et fort.
Je suis assés de vostre accord, 365 que de rîens ne nous asservons :
par dessus tous nous eslevons et faisons valoir nostre bende.
LUCIFER
Je n'ai pas peur que je descende ; prestement me verrez monter 370 et tous les haulx cieulx surmonter ; user puis de ce privilège ; en aquilon mettray mon siège :
la seray comme primerain equiparant au souverain.
375 La vouldray régner,
valoir, gouverner,
triumphe mener,
drois et loys donner
en ce beau reaime ; 380 La fcray sonner
ma voix et tonnei*,
commands resonner,
causes terminer,
sans evocquer ame :
:%5 Dieu ha beau mander ;
il n'a qu'esgarder
pour moy commander
ses commands garder :
ce me seroit blasme 390 De moy deffonder
pour son los fonder,
quand a demander
d'honneur habonder
son pareil me clame.
DIEU LE PERE
395 Par vostre orgueil vil et infâme.
3i9 rendre assistance B. — 321 et 327 et créateur B. — 326 congnolssant vo B. — 328 Salnt-M. toujours B. — 2S Snnatear B. — 33i Je salue ta magniflcence A. — 332 C« vers et la première partie du vers 333 sont attri^ *«» è J/wA^/ B. — . 337 vraiement bien A. B. — 343 pui88ai\| arduro B. — 344 de qui que B. — 347 me A. — 334 La chose A. — 376 vouloir A. — 383 cause A. — 3fô le Père manque A.
faulx auges, vous serez pugnis
et de mon règne vous banis
a tousjours mais sans revocquier,
et vous condampnons tresbuchier 400 la bas es abismes soubz terre
et la tenir prison et serre
en paine et giiefve affliction.
Micbel, mon vaillant champion,
chasse ces dragons venimeux 405 par puissance ou puis ténébreux ;
il est appointé par sentence.
MICHEL
A vostre haulte prepotence,
mon Dieu, toujours obéir veil :
Lucifer, faulx prince d'orgueil, 410 et les compaignons adberans,
vos faulx tours sont trop apparans,
vostre malice trop empire :
vuidez, vuidez du hault empire,
desloyaulx ennemis de Dieu ; 415 pas ne vous appartient tel lieu.
Vuidez, deables, vuidez, vuidez ;
trop hault eslever vous cuidez
contre le roy omnipotent.
Peine et traveil si vous attent, 420 feu terrible et mort pardurable.
aA.BRIEL
Vuidez, faulce tourbe dampnable, maudiz et condampnés serpens.
LUCIFER, en cheant et trebucJiai.t a terre.
Je m'en repens, je m'en repens, d'avoir brassé tel appareil.
8ATHA.N, en trébuchant.
425 Et nous d'avoir creu ton conseil sommes de gloire tous suspens.
Icy cheent et tresbuchent les mauvais anges en enfer en fourme de deables.
LUCIFER
Haro ! j'enrage, je me pens, je forcené de dueil et d'ire ; qu'ay je fait? il n'est point a dire ; 430 ou suis je ? dont viens je cy ore, bani de l'éternelle glore que jamès retourner n'y puis ?
0 pute chartre, o hydeux puis.
orde et puant fomaise horrible, 435 o mordant flamme inextinguible, q[uel povre esprit te portera ?
SATHA.N
Le deable nous confortera :
par vous sommes cheus en ces las.
BELZBBUTH
Voire sans januds sourdi'e.
LUCIFER
Helas!
440 Or n'est espoir d'en saillir hors ; va hors, plus de cent fois va hors, détestable et maudit orgueil ; tu as mué ma joye en dueil sans jamais l'emede y trouver.
445 Ha ! quelle orreur !
BELZBBUTH
C'est pour crever; tout nostre bien est trespassé.
Tout tel que nous l'avons brassé le fault boire, maistre Agrippart.
Que le sanglant deable y ait part :
450 allons ce loyer recevoir.
Icy doivent fere grant tempeste.
MICHEL
Père divin, j'ay fait devoir de bouter hors vos ennemis.
DIEU LE PERE
Puis qu'ilz sont de gloire desmis par leur offence et leur malice,
455 affin que jamès a tel vice ne se dispose et ne s'applique nulle autre nature angelique, mes anges, loyaulx serviteurs et obediens auditeurs
460 de nos misteriaulx sermons, des ore en bien vous conformons que jamès ne pourrez pécher pour riens qui vous puist empescher, par don de grâce especialle.
MICHEL
465 Haulte puissance imperialle, humblement ce' bien recepvons.
404 ses A. B. — 407 Saint-M. B. — 4S3 4S5 etc. Les indications scéniques entre crochets n'eo'istent que d'tns B. — 426 ch ace puis que je me frape ens A. — 436 esperit A. B. — 438 ses las B. ce Us A. — 448 Agrappart B. — 456 s' man'jue A. — 458 mes vrais scruiteurs B. — 466 du don louange vous deuons B.