RODOAN
11 m'en souvient bien, j'y estoie ; Herode en fit lors forte enqueste.
ZOROBABEL
Quand je n'aray raison que ccste, 615 de droit point elle vous conffont ) car se les rois venus y sont pour ezaulcer sa seignorie»
]a prophede est adverie)
et ainsi Ghristus est venu.
JBB8US
80S0 Ne vous est-il point souvenu de Testelle dont ilz parlèrent, et pubUquement tesmoignerent ravoir veue en l'air clerement ?
ZOROBABEL
Très bien.
Et quel enseignement 89S5 pouoient ilz prendre par elle qui se donnoient peine telle de soy si loing adventurer?
que pouoient ilz espci^er s'aultre chose no regardoicnt ?
ZOROBABEL
8090 Mon filz, j'entendz qu'Uz se fondoient sur une prophecie faicte de Balaan qui fut pi'ophete en leurs marches de par de la, le quel dist : eœibit Stella
S035 ex Jacob; la fait assavoir qu'ime estelle doit apparoir a la nativité joyeuse de la sainte fleur précieuse qu'Ysaie nous a nonce
5940 florir de la verge Jessc ; si virent lors par adventure une estelle contre nature mouvant par bas, dere et nouvelle :
si condurent que c'estoit cdle,
S945 et lors se mirent en chemin.
G'estoit ung mistere divin, si fut ainsi qu'ilz le disoient :
car sur elle se conduisoient, et les admena jusqu'à cy
8950 sains et saulvés, la Dieu mercy ; et ainsi, a mon simple sens, a ce que du mistere sens, deux prophecies décorées furent en ce veiiffiees :
S965 celle a Balaan la première en tant que la clere lumière de l'estelle leur apparust qui ou chemin les secourust ; celle a David secondement,
8060 car il fut sceu publiquement qu^ilz furent des pays yssus que David avoit dit dessus :
a ce ne peust on contredire.
Mtt Lesq;Qélz ^nia dix ans enuiron B. — 8883 par la B. G — 8884 gente et belle C. — 8888 qui ja est A. — 8805 r j penl«s sur C. '-- 890 A selon les G. — 8006 Quil deuoit A. — 8906 Dans A. — 8939 enoncie G. — S9:>i alors A.
MISTEREDE LA PASSION
ZOROBABEL
Oncques mes je n*ouys mieulx dire, 8065 et a l'ouir prenz grant liesse,
GAliALUBL
Oncques enflant de sa jeunesse n'eust, je croy, mémoire si bonne, car au temps dont il nous sermonne, . il fault qu*il fust bien jeune d^aage.
ROBOAN
807O Je m*e8bayB plus du langage et la naturelle prudence qu'il a en couchant sa sentence que je ne fais du demourant.
Or ça : au propos de devant, 8975 Tenons a nos conclusions.
ROBOAN
J*avoyc baillé deux raisons et de matière assés commune, dont nostre maislrc a saulvé l'une :
or viengne a Taultre, si luy plaist.
ZOROBABEL
8080 II me souvient bien quelle elle est : vous faictes une objection de la paix et grand union qu'au temps de Crist doit estre mise, comme David le prophétise,
8085 et que pas celle paix n'avons pour plusieurs grans extôrcions qui sont longues a mettre en compte.
En tant qu'a ma matière monte, il est besoing que nous sachons
8000 qu'il y a paix de deux façons, il y a pax itnperata et pcuo plena et perfecta.
J'appelle une paix imperee quand le peuple d'une contrée
8005 est tenu dessoubz ung princier si serré qu'il n'ose gronder, et si n'y a pas paix parfaitte, mes est quelque paix contrefaitte en tant qu'âme ne se rebelle ;
0000 l'aultre est trop meilleur et plus belle, qui est quand ung peuple d'honneur est soubz son naturel seigneur ' qu'il ayme, sert, honore et craint, et que le seigneur ne constraint
0003 ses subgetz ne les tirannise,
mes les maintient en leur franchise
en faisant a chacun droiture ;
et ceste paix a tel nature
et est de si hault bénéfice 0010 qu'el ne peust régner sans justice,
car ou que justice n'a cours
paix ne peust délivrer secours,
et ou que justice sera
paix sa résidence y fera ; 0015 et si doulcement se complaisent,
dit David, qu'elles s'entrebaisent.
Geste paix dont, ditte dernière,
pourrons avoir vraye et plainiere,
se le temps vient que Giistus r^ne OOâO en parfait aage sur son règne,
et qu'il aist bouté ses nuysans
et vaincu ses contredisans ;
la première qui est trop mendre
a présent nous fault en gré prendre, OOfô puisque mieulx ne pouons avoir.
JHEBUS
Mes seigneurs, il est assavoir se vous entendez que la paix soit la plus grande de jamais, par quoy j'entendz l'especialle,
0030 ou qu'elle soit si generalle
qu'en tous les climas de la terre il ne soit tant soit peu de guerre. Le second faii*e ne se peust, car tous les jours guerre se meust
0035 entre seigneurs et habitans, eulx pour divera cas debatans ; mes que la paix soit par deçà plus grande qu'el ne fut pieça, ce ne pouez vous ignorer ;
0040 quel paix peust on plus espérer quand tout, le monde en une somme est tributaire a ung seul homme?
Tout le mqpde joint huy les mains a l'imperateur des Romains ;
0045 dont, mes seigneurs, je vous demande s'oncques nul jour fut paix plus grande ne plus générale union ?
ROBOAN
Certes, mon filz, je croy que non, et bien parlez a ma plaisance.
JUBSUS
0050 Et dont, pour quelle repugnanca ne pourroit il e^tre advenu que Crist a présent fut venu ?
8066 la Jeunesse A. — 8068 Que il G. — 8970 lignage G. — 8002 Et manqua A. 6. — 8004 et une contrée B. i •^ 8006 Se serre B. — 8998 Sesse quelque B. ~ 9C00 trop manque C. — 9002 Obeyst a son seul B. — 0008 Qui laiii A. B.— 0018 son cours B. — 9017 Geste dont ditte derrcniere B. — 90?0 mnnque B. — 0035 seigneurs] bourgois B. I — 90i8 Gerles fils je panse B. G. — 9050-9056 aUribués à Roboan B. — 9058 Grislus G.
PREMIERE JOURNEE
en son temps doit paix habonder et justice se doit garder ; 9û5j et puisque ces deux choses sont, concluez.
ZOROBABXL
Grist est venu dont, et s*cDsuit très bien par vos dis.
JHBSUS
Mes seigneurs, tout ce qae jie dii c*est soubz correction bénigne 90G0 et pour avoir forme et doctrine par la science qu'en vous gist.
Certes cest enflant m*esbayst et le gi^t sens qu'en luy repose :
ce m*est la plus nouvelle chose ^^ que jamès je cuide choisir.
NAGHOR
Je prens grand plaisir a Touir, que de riens qu'oncques mes ouys tant en cuem* ne me resjouys, tant est gent de corps et de voix.