‹ Le mystère de la rédemptionChapitre 18 sur 78 · PET.. II · texte numérisé non relu

PET.. II

point de mensonge en sa bouche, mais il plut à lahvé de le broyer par la souffrance. C'est pour le péché de mon peuple qu'il est mis à mort. » En, troisième lieu, parce qu'il prend sur lui la peine de nos péchés, il nous en décharge, nous en délivre, en sorte que ses souffrances ont la valeur d'une expiation pénale qui sauve et guérit le genre humain : « Le châtiment qui nous sauve a pesé sur lui et par ses plaies nous sommes guéris. » Enfin, par sa Passion, le Messie nous réconcilie avec Dieu, nous justifie devant lui, nous mérite les biens surnaturels, ainsi que la prospérité de son Eglise : « S'il offre sa vie en sacrifice pour le péché, il aura une postérité ; en ses mains l'œuvre de lahvé prospérera... Le juste mon Serviteur justifiera des multitudes, lui qui a intercédé pour les pécheurs (1). »

Le Nouveau Testament affirme équivalemment, à maintes reprises, ces idées de substitution et de satisfaction. On peut grouper sous quatre chefs les textes qui les expriment. D'abord, ceux qui entendent de Jésus-Christ la prophétie du Serviteur de lahvé dans laquelle nous venons de montrer clairement enseignée cette substitution volontaire du Messie à la- plac^ de l'humanité pécheresse. Nous avons vu que Notre-Seigneur fait al-

(1) Traduction du P. COXDAMIN. — Cf. P. SÉRAPHIN PEO- TIN, Le Messie souffrant dans la pensée juive. Revue Atigti»' tinienne, 15 janvier 1907.

lusion à cet oracle et que saint Mathieu, saint Pierre, le diacre Philippe, échos authentiques de sa doctrine et témoins de la foi de l'Eglise naissante, l'appliquent résolument au Sauveur.

En second lieu, les textes où il est dit que Notre- Seigneur prend sur lui, porte sur lui les péchés du monde ix)ur en subir la peine à notre place : Voici l'agneau de Dieu qui porte les péehés de l'univers, s'écrie le Baptiste en apercevant Jésus (1). C'est lui, redira plus tard saint Pierre, c'est lui qui a porté en son corps sur la croix nos propres péchés (2). Lui qui n'avait point de péché, ajoute saint Jean, il est venu pour porter nos péchés (3). Qu'est-ce donc que porter nos péchés ? N'est-ce pas les prendre, pour amsi dire, à son compte, pour nous en décharger nous-mêmes ? N'est-ce pas se substituer à nous ? En trois'ième lieu, les passages qui nous représentent Jésus versant pour nous une rançon, un prix. Il est manifeste que cette idée de paiement implique celle d'une satisfaction ou d'une compensation offerte à Dieu pour nos fautes. Jésus-Christ parle* lui-même d'une rançon qu'il donne pour l'humanité et qui n'est pas autre que sa vie (4). Saint Paul (5), et saint Pierre, pour nous

(1) EVANG. JOAN, I, 29. (2) I PET., II. 22. (3) I JOAN., III, 5. . M) Matth., XX, 28. — Pour la réfutation des théories rationalistes on peut consulter P. SÉEAPHIN PfiOTIN, Le Messie souffrant dans Ie.«£i;an£;iles, Eevue Augustinienne, 15 mare 1907. (5) Cf. P. SÉRAPHIN PaOTIN, Jésus crucifié dans la théologie de saint Paul, et La théologie de saint Paul, Eevu© Augustinienne, 15 avril 1906, 15 février et 15 avril 1908.

faire comprendre notre dignité, rappellent que notre valeur est inestimable et que nous avons coûté un grand prix (T. En quatrième lieu, les textes où il est expliqué que cette rançon c'est la mort de Jésus-Christ, que ce prix c'est son sang. La vie du Pasteur donnée pour sauver le troupeau ('2), le sang du Christ répandu pour remettre les péchés (3), acquitter le prix que coûtent les hommes (4) : voilà, certes, un enseignement qui contient l'idée de la substitution volontaire, en même temps que celle du sacrifice expiatoire.

r.E TEMOIGNAGE DES PERES

Nous avons rapporté précédemment (o), le témoignage des Pères apostoliques et des premiers écrivains ecclésiastiques; il nous reste à montrer comment les docteurs des âges suivants ont compris et exposé ce dogme.

(1) I Cor., VI. 28; VII, 23; I PET., I, 18.

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