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LE SACRIFICE DE LA CHOIX. — ■ LES ERREURS

LA FOI DE l'Église

Les notions une fois éclaircies, il nous faut revenir à Jésus Rédempteur. Puisque le sticrifioe dit encore plus que la satisfaction, il est manifeste que les adversaires du dogme de la satisfaction vicaire nient aussi la réalité du sacrifice de la croix.

Pelage, Abélard, Hermès, se refusent à reconnaître dans la mort du Christ la valeur d'une compensation pénale et d'une immolation intrinsèquement efficace : c'est un exemple d'héroïsme sublime, un éloquent témoignage de l'amour, ncm point un vrai sacrifice.

Les Sociniens prétendent que Jésus-Christ n'a pas été prêtre en ce monde, mais seulement en entrant au ciel, où, d'ailleurs, tout son office sacerdotal consiste à intercéder pour nous devant Dieu. Sa passion ne fut donc pas un sacrifice, mais seulement une préparation à celui qu'il offre dans la gloire en interpellant son Père pour l'humanité.

Quant aux critiques rationalistes, Ritschl, Sa-

batier et les autres, la mort du Christ n'a que l'efficacité d'un beau dévouement, comme celui du chevalier d'Assas (1).

Pour le catholique, c'est un dogme que la mort du Sauveur fut un véritable sacrifice, et, cette croyance est tellement fondamentale qu'elle a pénétré toute la liturgie. La séquence Victimœ paschali chante les effets de cette mort triomphale : c'est un sacrifice satisfactoire, qui nous rachète : Agnus redemit oves ; un sacrifice propitiatoire, qui nous réconcilie avec Dieu : Christus innocens Patri reconciliavit peccatores. La Préface de la Messe proclame cette vérité dans une formule hiératique, plus auguste et plus vénérable encore qu'une définition : « Notre sacrifice pascal c'est le Christ immolé : le voilà le véritable Agneau qui efface les péchés du monde, qui en mourant a détruit notre mort et qui en ressuscitant a réparé la vie. » On aura remarqué ici tous les éléments du sacrifice : les idées de substitution et d'immolation, car le Christ meurt à notre place, pour détruire notre mort ; les idées de ré-

(1) « Et l'on parle, dans l'histoire, du sacrifice de ces héros. Mais qui ne voit que le mot a pris un sens moral, qu'il est devenu une métaphore dont tout le monde se sert, mais dont personne n'est dupe ? Il ne faut pas être davantage dupe du mot, quand on parle du sacrifice du Christ... Dès que le drame du Calvaire est ainsi rarnené à sa nature véritable, il devient ce qu'il fut, un drame humain, historique, le plus grand, le plus tragique de l'histoire... Pour grand et sublime que soit ce drame, il n'est plus isolé. » Auguste SABATIEE, La doctrine de l'expiation, pp. 97, 100.

conciliation et d'alliance, puisqu'il efface nos péchés et nous rend la vie, la grâce de Dieu, en sa qualité de véritable Agneau pascal.

Le concile de Trente enseigne que Jésus-Christ s'est offert à Dieu son Père, sur l'autel de la croix, opérant par sa mort la rédemption éternelle (1). Ces expressions « s'offrir sur l'autel et jusqu'à la mort » désignent déjà très nettement le sacrifice véritable ; et, pour mieux préciser sa pensée, le concile ajoute que le sacrifice de l'Eucharistie n'est que la représentation du sacrifice sanglant accompli une fois sur la croix (2).

La substance de la doctrine conciliaire est ceci : la religion chrétienne a un vrai sacrifice, et il n'est pas autre que le sacrifice de la messe, représentation du sacrifice de la croix. C'§st dire que le sacrifice du Calvaire est réel et parfait, comme celui de la messe, qui en est la reproduction et qui n'en diffère que par la manière dont il est offert.

PREUVES J:'AR lyÉCRTTURE

Les saints Livres sont pleins de cette doctrine. La religion et le culte tout entiers dans la loi

(1) CONC. TEIDENT., sess. XXII, cap. 1 et cap. 3.

(2) Ihidem, et can. 3.

antique sont une figure et une préparation du sacrifice de Jésus-Christ. Bossuet, profondément pénétré de la pessée de l'Ecriture et de celle des Pères, résume en quelques mots énergiques la primitive économie : «Tout est sang dans la loi, en figure de Jésus-Christ et de son sang, qui purifie les consciences (1). »

L'idée du Messie souffrant dans l'Ancien Testament est liée à l'idée de victime : revenons à la prophétie d'Isaïe. Elle nous montre réalisées dans la mort du Serviteur de lahvé toutes les qualités du véritable sacrifice. Voici d'abord l'immolation totale et volontaire : c'est un innocent qui s'offre pour nous, qui est broyé, transpercé parce qu'il l'a voulu, qui se laisse mener au trépas comme la brebis muette sous le fer qui la tond. Ensuite, l'idée de substitution : il prend sar lui nos souffrances, il est brisé pour nos péchés, il porte nos iniquités pour nous en décharger nous-mêmes, et par ses plaies nous sommes guéris. Enfin, l'idée d'alliance : parce qu'il s'est offert comme une hostie, il réconcilie le peuple avec Dieu, il justifie des multitudes, il acquiert une postérité qui prospère devant le Seigneur (2).

Les Evangiles complètent ces données, et sans employer le terme même de sacrifice, ils énoncent tous les éléments qu'il contient. L'immolation sa-

(1) BOSSTJET, Elévations s^ir les Mystères, IX, 9.

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