‹ Le mystère de la rédemptionChapitre 34 sur 78 · LE CHRIST EST PRÊTRE. — LES ERREURS — • LA FOI DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

LE CHRIST EST PRÊTRE. — LES ERREURS — • LA FOI DE L'ÉGLISE

Tous ceux qui ont refusé au Christ la qualité de médiateur ou l'ont faussement expliquée (comme les Gnostiques, les Ariens et les novateurs dont nous aurons à parler bientôt), ont perverti, du coup, la notion de son sacerdoce. Les SocTniens, nous l'avons vu, ont attaqué spécialement ce dogme, en prétendant que Jésus-Christ n'a pas été prêtre sur la terre, mais seulement à son entrée au ciel. Les protestants et les écrivains modernistes, qui nient la réalité du sacrifice rédempteur, dépouillent aussi Jésus de sa dignité de prêtre. Le sacerdoce du Christ n'est pas autre chose, dit Auguste Sabatier, qu'« un acte transcendant de purification rituelle accompli hors de l'humanité sans lien organique ni avec son état moral ni avec l'évolution de ses destinées {\). »

Il est certain, au contraire, que le Verbe Incarné est essentiellement prêtre, même dans l'hypothèse où, notre humanité s'étant conservée dans

(1) Auguste SABATIEB. La doctrine de l'expiation et son évolution historique, p. 37.

l'état d'innocence, il aurait revêtu une chair impassible et immortelle. Par le fait de l'Incarnation il serait médiateur, touchant à Dieu et à l'homme, et l'union hypostatique serait nécessairement l'onclion substantielle qui l'établirait pontife. Bien qu'il n'eût pas à offrir le sacrifice d'expiation, puisque l'homme est supposé pur de toute faute, il offrirait cependant à Dieu, au nom des humains dont il serait le représentant, le sacrifice d'adoration, d'action de grâces et de demande, qui est l'obligation fondamentale de l'humanité sur la terre, même dans l'état le plus favorable où l'on puisse la concevoir.

Mais, puisque nous avons à nous placer dans l'ordre de la réalité, c'est un article de foi que Jésus-Christ, dans le plan actuel de la Providence, est véritablement prêtre. Le concile d'Ephèse définit et démontre que le Sauveur, Verbe Incarné, est le pontife et l'apôtre de notre foi et qu'il a exercé l'office du sacerdoce en s'offrant lui-même comme victime (1). — Le concile de Trente explique comment Notre-Seigneur est revêtu d'un sacerdoce bien supérieur au sacerdor^ lévitique et comment ce Pontife parfait peut jus-

(1) " Pontificcm et Apostoluni confessionis nostrae factura esse Christum divina Scriptura commémorât. Obtulit enim semetipsum pro nobis in odorem suavitatis Deo et Patri. Si Quis ergo Pontificem et Apostolum uostrum dicit factum non ipsum Dei Verbum... anathema sit. » CONC. EPHES. canon., 10; DENZINGEE-BANNWAET. 122.

cifier et amener au terme de la perfection tous les sanctifiés (I).

Toute la liturgie chrétienne est un acte de foi, en même temps qu'un hommage, au sacerdoce de notre divin Rédempteur. Les rites et les prières de la messe, l'ordination des prêtres et des évêques, la consécration des églises, l'administration des sacrements, l'office tout entier, proclament, avec une éloquence irrésistible et à la portée de tous, que Jésus-Christ est le Pontife par lequel monte toute supplication et descend toute grâce.

Enfin, les témoignages qui ont établi le dogme du sacrifice rédempteur s'appliquent égalementau sacerdoce de Jésus-Christ : dire que le Sauveur s'est offert lui-même en victime, c'est affirmer qu'il est prêtre, attendu que le sacerdoce et le* sacrifice sont inséparables.

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