LE TEMOIGNAGE DES PERES ET DES DOCTEURS
La Tradition chrétienne a, dès l'origine, reconnu au Rédempteur les prérogatives du sacerdoce. Le titre et les qualités lui sont donnés plus d'une fois par les Pères Apostoliques. Jésus, qui est notre salut, dit saint Clément de Rome, est aussi notre pontife, notre avocat, notre grand
(1) Hehr.. V, 1-9, VIII. 12, X, 10.
prêtre (1). — Il esL à la fois, ajoute saint Ignace d'Antioche, et le grand Prêtre par qui nous sont révélés les secrets deJDieu et la Porte du Père par laquelle on entre dans l'Eglise (2). — L'ami de saint Ignace, saint Polycarpe, adore en Jésus- Christ le Fils de Dieu, le Prêtre éternel et le Juge des hommes (3). ^ L'écrit qui raconte le martyre de ce même saint Polycarpe appelle Jésus le Pontife céleste et éternel (4). — C'est le juste par excellence, écrit saint Justin, c'est le Prêtre éternel de Dieu, nôtre Prêtre (5). — Oui, il est prêtre, répond Origène, ainsi que l'affirment les Psaumes et l'épître aux Hébreux (6). — Souverain Prêtre de Dieu, dit saint Cyprien, il s'est offert le premier dans ce sacrifice dont nous renouvelons le souvenir à l'autel il). — Il est, poursuit saint Ambroise, il est le Prêtre qui devient aussi la victime de son sacrifice : Idem ergo sacerdos et hostia (8). — Saint Augustin aime à parler de notre Prêtre, qui nous donne sa chair en sacrifice, qui est vraiment prêtre parce qu'il est vraiment victime (9). — Saint Léon ne voit rien de plus au-
(\'\ s. CLEM. ROM.. Cor.. XXII. XXXVI. LIV. (2> s. IGNAT., Philadejph.. IX, 1: Magnes.. X, 3. (3) S. POLfCAEP-, Epist.. II.. 1. VI, 2. XII. 2. (4> Martyrivm Polycarp.. XVII, 2.
(5) S. JUSTIN.. Bialog.. 126. 17. 102, 110. 96, 115.
(6) OEIGEN.. iP. G.. XIV, 85, 292, 296. 946, ss.. 1095.
(7) S. Cypeian., Epi.'t., LXIII. XIV. P. L.. IV. 385, 386. (2) S. AMBBOS.. De Fide. III. 87, P. L., XVI. 632.
(9) S. AUGUSTIX., X Confess.. 43 P. L.. XXII, 808: IV De Trinit.. c. XIV, P. L.. XLII. »01.
guste que ce sacrifice offert sur l'autel de la croix par le véritable Pontife : quod verus Pontifex ultari crucis yer imrrwlationem suœ carnis imposuit {\).
Saint Grégoire le Grand, dans son Commentaire sur le premier livre des Rois, explique que le Rédempteur a exercé excellemment les offices du véritable prêtre et que, en offrant un sacrifice nouveau sur la croix, il a supprimé et remplacé ïe sacerdoce antique (2).
Avec saint Thomas la doctrine a trouvé son expression scientifique : Notre-Seigneur est prêtre, parce que, médiateur entre Dieu et son peuple, il fait monter vers Dieu les prières et les of frandes de l'humanité et descendre sur le peuple les bienfaits de Dieu, le pardon, la grâce sanctifiante et les autres dons surnaturels (3),