‹ Le mystère de la rédemptionChapitre 46 sur 78 · ISA!., XXV · texte numérisé non relu

ISA!., XXV

(2) OSEE, XIII, 41.

(3) I. Cor., XV, 26, 54-55.

(4) Apoc, XXI, 4.

fS) S. IGNAT.. TEALL., II, 1 ; Ephes., I, 1 ; Magnes., IX, 1. (6) S. ATHANAS, de Incarn. Verhi., ce. XXVI, XXVII, XXIX.

ches pourraient-elles survivre? Le péché disparu, pourquoi devrions-nous mourir désormais (I)? — Saint Ambroise conclut de même : « En acceptant la mort pour lui, le Christ est devenu la mort de la mort (2) ». — Saint Augustin insiste avec complaisance sur ces antithèses : « Par sa mort le Sauveur nous délivre de la mort ; mis à mort lui-même, il tue la mort ; il reçoit la mort, et il suspend la mort à la croix. Dans la mort du Christ, la mort elle-même est frappée à mort ; la vie en mourant a lue la mort, la plénitude de la vie a absorbé La mort (3). »

La raison théologique est bien celle qu'invoquent les Pères. Ce qui retranche la cause supprime les effets. La source de la mort et des autres pénalités corporelles c'est le péché. Une fois admis que la Rédemption nous délivre de nos fautes, il faut conclure qu'elle doit un jove nous soustraire à la mort et à la souffrance. Le Sauveur ayant paye pour tout cela et pris sur lui nos peines afin de nous en exempter nous-mêmes, nous devons croire que nous en serons tôt ou tard affranchis.

Mais il faut remarquer que, si la Passion

(1) s. CTEILL. ALEXANDR., II, in Joan., I, 29; P. G., LXXIII,

(2) « Mortia enim mors, facta est susception mortis in Ohristo. » S. AMBBOS., Dr Fidc, lib. III, c. XI, 84; P. L., XVT, 607.

(3) S. AUGUSTIN, In Joan., XII, 10-11; P. L., XXXV, 1489-

est d'une efficacité surabondante, elle agit cependant à la manière d'une cause universelle qui ne produit ses effets dans les individus que dans la mesure où ceux-ci savent s'assimiler ses énergies.

Or, pour nous assimiler la vertu rédemptrice, nous devons nous incorporer à Jésus-Christ, nous unir à lui comme les membres à leur chef (1). Il doit y avoir, en effet, conformité entre les membres et la tête. La Passion nous délivrera bien des pénalités, mais en suivant la gradation et les phases par lesquelles Notre-Seigneur a voulu passer lui-même.

Le Sauveur a eu d'abord la grâce dans l'âme, en gardant une chair passible ; et c'est en souffrant et en mourant qu'il est arrivé à la gloire de l'immortalité. Ainsi nous-mêmes : nous recevons d'abord dans l'âme l'Esprit d'adoption, qui nous donne droit à l'héritage de la gloire, tout en nous laissant encore une chair passible et mortelle ; ensuite, nous devons porter la ressemblance des douleurs et de la mort du Christ, souffrir avec lui; et voilà à quelle condition nous serons glorifiés avec lui pour toute une éternité ; Si tamen com- 'patmnir. ut et conglorificemur (2).

Il est aisé de constater combien cette doctrine est profonde, grande et consolante. Profonde, car

(1) Cf. s. THOM.. III. p.. q. 49. a. 3. ad 3.

(2) Bom., VIII, 17. — Cf. Sainte Catherine de SIENNE, Dialog. XII; Lettres, 28, 30. 109.

elle nous montre comment la Rédemption se réalise d'après les lois admirables du gouvernement divin, lequel demande la coopération des créatures et exige que l'homme s'assimile l'efficacité surnaturelle par les actes et les efforts de sa liberté ; pratique, puisqu'elle nous prêche de nous rendre semblables à Jésus-Christ par l'imitation de ses souffrances et de ses vertus ; grande et consolante, car elle nous garantit la délivrance définitive : oui, si nous savons nous conformer au Rédempteur, nous sommes absolument assurés d'obtenir par lui et avec lui l'impassibilité, l'immortalité, la gloire du corps, de l'âme el des facultés (1).

Page 1