‹ Le mystère de la rédemptionChapitre 50 sur 78 · SB · texte numérisé non relu

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(5) 8. THOM.. III. P.. q. 49, a. 2.

mement cet office? — Dieu, sans doute, avait pu très justement permettre que l'homme, en punition de sa faute, fût assujetti à Satan comme à un bourreau ; il n'avait jamais constitué positivement le démon exécuteur de sa justice, il ne lui avait conféré aucune investiture, aucun droit sur l'humanité. C'est donc injustement que le diable nous tenait en servitude, comme le dit expressément saint Thomas : Quamvis igitur injuste, QUANTUM IN IPSO ERAT, hominem sua fraude decçptuvi sub servilute tenerel (1)...

Donc, puisque Satan n'avait aucun droit réel sur nous. Dieu pouvait en toute justice lui arracher l'humanité, même dans l'hypothèse oii le prince du mal n'aurait pas tramé la mort de Jésus- Christ ; et ainsi, par rapport au démon, il n'y a aucune nécessité de la rédemption : s'il faut verser un prix, c'est à Dieu et non point au tyran. Aussi bien, conclut saint Thomas, disons-nous que le Christ a offert son sang, non point au diable, mais à Dieu : Quia redemjptio requirebatur ad hominis liberationem jper respectum ad Deum,

NON AUTEM PER RESPECTUM AD DIABOLU.M, 71071 Crat

pretium solvendum diabolo, sed Deo ; et id^eo Clnistus sanguinem suu7n^ qui est pretium nostrœ redemptionis^ non dicitur obtulisse diabolo, sed

Deo (2).

(IV s. THOM.. III. P.. a. 48, a. 4, ad 2, (2) S. THOM., ibidem, ad 3.

Pour résumer et conclure, Jésus-Christ a pu nous délivrer en toute justice de la puissance diabolique pour deux raisons : et parc« que le démon, même dans l'hypothèse où il aurait été établi le bourreau de l'humanité, aurait, en abusant de son pouvoir, mérité d'être déchu de ses fonctions ; et parce que — pour aller jusqu'au fond de la question — il n'a jamais possédé cet .office d'une manière légitime, n'ayant été qu'un usurpat-eur.

Désormais, la doctrine est clairement établie ei la théologie catholique est débarrassée pour toujours de ces théories qui eurent, à l'origine, tant de fortune.

Quoi qu'il en soît de la diversité des explications, toute la Tradition est unanime dans la conclusion : c'est que la Rédemption est une délivranc-e de l'esclavage satanique.

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