‹ Le mystère de la rédemptionChapitre 53 sur 78 · LUC, XXIV · texte numérisé non relu

LUC, XXIV

(3) Avoc, V, 11-12.

L#e langage de Saint Paul est encore plus expressif : « Le Christ, qui avait la nature de Dieu, s'est anéanti en prenant la forme de l'esclave, et il s'est humilié et s'est rendu obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix. A cause de cela, Dieu l'a exalté et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin que, au nom de Jésus, tout genou fléchisse, au ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue confesse que Jésus- Christ notre Seigneur est dans la gloire du Père (1). » Saint Thomas fait remarquer, dans une vigoureuse analyse de ce texte 2), que l'Apôtre signale ici une triple exaltation du Christ correspondant à sa triple humiliation : la gloire qui a suivi sa résurrection, en récompense de son anéantissement volontaire ; parce qu'il s'est anéanti, Dieu l'a exalté ; exinanivit..., exaltavit ; la manifestation de sa divinité, en récompense de l'humilité qui le porta à cacher sa divinité sous la forme de l'esclave : forriiam servi accipiens..., donavit illi nomen ; les hommages de toute la création, en récompense de l'humilité qui lui a fait accepter les opprobres et l'a rendu obéissant jusqu'à la mort : humiliavit semetipsum, factus obediens usque ad mortem..., ut onine genu fectatur.

(1) Philipp., II. 6-11.

(2) S. THOM.. Coinm. in epiKt. Pavli, in h. I — Cf. III. P. ,S'i(m. Theoi.. (\. 49, ii. 6.

Même enseignement dans l'épître aux Hébreux : Nous avons vu Jésus couronné de gloire et d'honneur pour avoir souffert la mort (i).

Les Pères ont tiré de cette vérité une foule de considérations dogmatiques et morales. Tertullien encourage les chrétiens en leur montrant l'exemple de Jésus-Christ, lequel n'a joui du bonheur qu'après avoir goûté le fiel, n'a été couronné roi de gloire au ciel qu'après avoir été condamné comme roi des Juifs sur la croix (2).

Saint Augustin s'écrie avec une saisissante énergie : « L'humilité du Christ est le mérite de sa gloire, et sa gloire est la récompense de son humi- Christ a droit à son exaltation, comment, par. sa lité (3i. » Saint Bernard explique comment le nature divine, il ne peut ni croître ni décroître et comment, en descendant à notre niveau, en s'incarnant, en souffrant et en mourant, il a trouvé le moyen de croître, c'est-à-dire : il a mérité d'être exalté et glorifié (4).

L'Eglise de la terre redit ce dogme dans sa liturgie, son culte, sa vie tout entière ; et, dans chacune des fêtes qu'elle célèbre en l'honneur des mystères de Jésus-Christ, elle chante à sa manière le cantique de l'Eglise du ciel : « Il est digne,

(1) Ee})r., II, 9.

(2) TEETULL.. De Corona, cap. XIV, P. L., II, 119-121.

(3) s. ArGUSTCf., Tract. 10^ in Joan., 3; P. L., XXXV, 1903-

(4) S. BerxAED.. Serm. de Ascensione, II et III. P. L., CLXXXIII, 302. es.

l'Agneau qui a été immolé, de recevoir louange, divinité, sagesse, force, honneur' gloire et bénédiction (1). *

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