‹ Le mystère de Platon: Aglaophamos (volume 2)Chapitre 3 sur 22 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

Ainsi volontairement placé sur le terrain le plus commun des motifs, tant logiques que moraux, apportés de divers côtés pour justifier des opinions, le néocriticisme manquerait son but, et sa méthode resterait confondue avec celle des plus ordinaires controverses entre dogmatiques, s'il ne mettait pas son effort à se rendre compte des raisons d'être mentales, et des ressources d'argumentation disponibles, pour les différentes causes, comme pour la sienne propre. Il doit pénétrer consciencieusement le tréfonds des doctrines contre lesquelles il ne peut se prononcer comme par une sorte d'arbitrage qu'après qu'il a atteint et reconnu les points où réside leur plus grande force.

La philosophie, ainsi comprise, devient inséparable de l'histoire de là philosophie, par cette simple raison, que, si l'on considère le petit nombre des thèses par lesquelles chaque doctrine notable réclame ce qu'elle a de valeur rationnelle et d'intérêt moral, les mêmes affirmations et les mêmes négations se sont produites et se sont opposées contradictoirement, à chaque époque de grande culture humaine, autant que l'autorité en a permis l'expression publique. On ne saurait dire qu'aujourd'hui encore, malgré le nombre et la diversité apparente des questions, et les variations de la terminologie, il se pose pour nous d'autres problèmes d'ordre fondamental en métaphysique et en psychologie, dont les solutions partagent les esprits, et auxquels toute connaissance transcendante reste suspendue, que ceux qui divisaient, au temps de Jules César, les académiciens et les aristotéliciens, les stoïciens, les épicuriens et les sceptiques.

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