LES MÊMES, PROCULUS, DES SOLDATS
proculus, se précipitant , les bras tendus vers Flora .
Eustelle, mon enfant, oh ! viens que je te voie !
Image de Cérès, tu me remplis de joie.
flora, tremblante , en se détournant.
Je ne suis pas Eustelle.
PROCULUS
Et vous avez osé ?
FLORA
Votre enfant l’a voulu, je n’ai pas refusé.
PROCULUS
Quel est donc son dessein ? Pourquoi repousse-t-elle Les honneurs ?... Répondez, où s’est cachée Eustelle ?
FLORA
Je ne sais.
PROGULUS
Quelle audace ! Ah ! craignez mon courroux, Je pensais, en Cérès, l’admirer avec vous.
FLORA
Seigneur, n’est-elle pas de ses actes maîtresse ?
Qui de la retenir aurait eu la hardiesse ?
PROCULUS
Et n’a-t-elle pas dit ce qu’elle prétendait ?
Non, mais des mots obscurs et que nul n’entendait.
progulus, avec abattement , puis avec colère.
Pour nos dieux, c’est toujours la même indifférence.
Je veux enfin savoir quel pervers l’influence.
{Aux soldais.)
Soldats, dispersez-vous, parcourez la cité,
Ramenez mon enfant.
(. Plusieurs soldais sortent.)
Sur elle j’ai compté,
Pour montrer que nos dieux s’occupent de la terre,
Et que leur culte saint n’a pour nous rien d’austère.
{Il marche à pas lents , se parlant à lui-même.)
Que suis-je pour César ? A ses ordres soumis,
Ce qu’il ne défend pas m’est seulement permis.
Sa volonté puissante est la loi souveraine
Qui sur les pas d’un maître, en esclave m’entraîne.
[Il prononce lentement , en détachant les vers.)
Et mon unique enfant m’expose à sa fureur !...
Je ne puis y songer un instant sans frayeur !...
Mais n’est-ce pas un fil qui tient ma destinée ? Qu’Eustelle soit chrétienne !... O vie infortunée !
On trouvera bientôt un dénonciateur.
Suspect, de noirs complots je deviendrai l’auteur. Mon pouvoir m’est ôté. C’est l’horrible misère Qui, de liens affreux, loin de Saintes m’enserre.
Non ! non ! je ne veux pas par elle être arrêté !
Non ! non ! je ne puis pas perdre ma dignité Pour arriver, je suis tout prêt aux sacrifices..
Ne peut-on pas aimer sans céder aux caprices ?...
[Après un instant.)
Et pourtant dans mon cœur une importune voix...
[Il s'arrête.)
Non, non... C’est de César que je suivrais les lois.
[Il s'arrête .)
Et pourquoi n’est-ce pas Eustelle qui m’imite ?
[Revenant sur lui-même.)
Serait-elle aussi pure en marchant à ma suite ?... Pourtant je lui ferais si brillant son chemin !
Que puis-je si César me condamne demain ?
Mes ennemis vainqueurs riront de ma faiblesse,
Et nul d’entre eux n’aura pitié de ma détresse.
[Aux jeunes filles.)
Vous connaissez l’édit de César ?