‹ Le mystère de Sainte Eustelle, vierge et martyre, patronne de la jeunesse chrétienne; drame en trois actes en versChapitre 40 sur 46 · UN PAÏEN · texte numérisé non relu

UN PAÏEN

Non. Taisez-vous.

C’est devant nos grands dieux qu’il faut être à genoux.

LE MARAICHER

Vos dieux ! mais le mépris jusques à mon front monte. Vos dieux !

LES PAÏENS

Oui ! nos grands dieux !

LE MARAICHER

Ils font rougir de honte.

Nos vierges devant eux doivent craindre et trembler. Quel père, quel époux voudraient leur ressembler ?

les païens, menaçant .

A mort !

(. Les soldais séparent les païens des chrétiens et se mettent entre eux,)

PROCULUS

Je ne veux pas d’émeute en cette ville.

(A Eutrope.)

Voilà ce que tu fais d’une troupe incivile.

(Aux chrétiens .)

Qu’est donc pour vous des lois l’auguste majesté ?

UN CORROYER

A notre évêque saint rendez la liberté.

PROCULUS

Qu’il renonce à son Christ !

LES CHRÉTIENS

Jamais !

PROCULUS

Alors qu’il meure !

UN MARAICHER

Noux voulons qu’avec nous notre évêque demeure.

PROCULUS

La force est à la loi.

UN CORROYER

La justice est à Dieu.

proculus, aux chrétiens.

Eloignez-vous.

LES CHRÉTIENS

Non ! non ! nous restons dans ce lieu.

Tous, nous le défendrons.

( Ils veulent se grouper autour d' Eutrope et d'Eustelle. Les soldats les repoussent. C'est une mêlée.)

eutrope, aux chrétiens.

Calmez votre colère.

Aux volontés du ciel je ne veux pas déplaire.

Pour nourrir l’homme il faut que le grain soit broyé.

Je suis le grain du Christ, pour lui sacrifié Par la dent des lions, par le fer ou la flamme, Succomber comme vous, mon Dieu, je le réclame.

le centurion, bas à Proculus.

Cet Eutrope s’est fait l’ami des corroyers ;

Pour le sauver, ils s’uniront aux maraîchers.

eustelle, aux genoux d' Eutrope.

Père, bénissez-moi.

proculus, hors de lui , relevant violemment Eustelle.

Que dis-tu ? mot indigne !

Renoncer à ton père est une insulte insigne.

(Il repousse Eustelle , fait quelques pas, puis s' approchant du bourreau.)

Il nous faut le frapper sans rendre aucun arrêt.

EUTROPE

A boire le calice, ô mon Dieu ! je suis prêt.

proculus, aux soldais.

Dans sa demeure obscure, en lui laissant ses chaînes, Qu’il soit abandonné !

[Aux chrétiens !)

Vous, quittez les Arènes.

( Les chrétiens sortent , poussés par les soldais.)

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