‹ Le mystère de Sainte Eustelle, vierge et martyre, patronne de la jeunesse chrétienne; drame en trois actes en versChapitre 43 sur 46 · LES MÊMES, SOTER SOTER · texte numérisé non relu

LES MÊMES, SOTER SOTER

Il porte une petite amphore enveloppée d'un tissu précieux.

Il n’est plus.

EUSTELLE

O mon Dieu !

SOTER

J’allais le secourir,

Je l’ai vu, dans mes bras, sans parole, mourir.

Des bandits, franchissant la maison par derrière,

Sur lui se sont jetés. La hache meurtrière De l’un d’eux a frappé la tête du martyr.

Son regard souriait au moment de partir.

J’ai relevé le corps gisant dans la poussière ;

Le sang pur du héros inondait la chaumière.

(. Découvrant V amphore.) Et je l’ai recueilli, tremblant, dans ce cristal.

éustelle, recevant le sang d'Eutrope et baisant Vamphore.

O Seigneur !

SOTER

O trépas sublime et triomphal !

(. Moment de silence.)

eustelle, contemplant Vamphore.

O sang pur du martyr ! O relique sacrée !

Sur le cœur d’un enfant de respect entourée ! Laisse-moi te couvrir de mes baisers pieux !

(. Moment de silence.)

SOTER

Celui qui l’a versé repose dans les cieux !

EUSTELLE

Est-ce toi que contient cette fragile amphore ? - Une pourpre sanglante à mes yeux la colore...

Je te vois... Cette vue augmente mes douleurs.

Dans les mains de sa fille!... Ah! pardonne à mes pleurs.

( Moment de silence. Elle met Vamphore sur son cœur.)

Mon Dieu, soutenez-moi...

Sans le ciel, trop amère,

Pour l’enfant orphelin, comme aussi pour la mère,

Est la nuit du tombeau.

( Après un instant.)

Je connais deux trépas Voulus par vous, tous deux sublimes ici-bas :

Le guerrier qui s’en va mourir pour sa patrie,

Et le martyr frappé quand sa bouche vous prie.

L’un défend votre honneur sous les yeux des chrétiens, Et l’autre, les berceaux où reposent les siens.

[Avec une fierté retenue.)

Ah ! qu’il est beau de voir, debout dans la bataille,

Le Gaulois brave et fier, dressant sa haute taille, Disant à l’ennemi sans reculer d’un pas :

« Je suis là ; devant moi, tu ne passeras pas. »

( Elle baise V amphore.)

Ah ! qu’il est grand celui qui pour son Dieu succombe I Qui regarde le ciel en allant à la tombe.

Un mot pourrait briser sa chaîne et le sauver ;

Mais il ne le dit pas et meurt sans rien braver. Seigneur ! que toute gloire humaine, ici, pâlisse !

Tous deux vont par la mort à votre sacrifice ;

Vous leur donnez au ciel part à votre repos ;

Leur couronne éternelle est celle des héros.

(On entend du bruit.)

On vient.

FLORA

EUSTELLE

Allez cacher ce trésor, ô mon frère.

Priez pour qu’à mes vœux Dieu ne soit pas contraire.

( Soier sort , suivi de Flora.)

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