XVI PREFACE
avoir cru afflige. Alors, d'un coup, apparaît rimmense ânerie de l'épouse adultère, que la vue d'un carnet élégant tombé sur le parquet du bal invitait à la mauvaise vie, puis la plus considérable absurdité de ceux qui la connurent, toute la mesquinerie de ces intelligences provinciales, du pharmacien, représentant l'éducation et la science; du clerc, représentant l'amour ; du chasseur, représentant la noblesse et la chevalerie ; de ce pauvre Bovary, représentant la foi au devoir.
L'âme de la nation française réduite et résumée avec une force géniale dans les petites mœurs habituelles au bourg d'Yonville, se montre soudain sous une synthèse, et nous atterre par Tidiotie de ses mobiles.
La beauté de Tarrangement réussit à préciser en ce conte d'un potin de village, une vue de l'esprit national entier, de l'esprit qui vote, élit et légifère, qui nomme le juste et l'injuste, dicte à l'Europe la paix ou la guerre, blâme les révolutions ou exalte un carnage. Homais nous mène. Le chasseur est l'exemple des vieilles races que les parvenus imitent. Le clerc, c'est notre élégance, et Bovary notre honnêteté.