‹ Le mystère des foules (volume 2)Chapitre 6 sur 28 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

larmes à fleur de paupières, est, malgré tou t, extrêmement inférieure.

N'importe quel coltineur pourra s'y troubler . Presque tout notre drame repose sur cette méthode d'émouvoir ; et presque tout notre roman sentimental , tel que le conçurent George Sand, Octave Feuillet, Cherbuliez, les imitateurs. On excite notre pitié en nous priant de nous croire, une seconde, à la place de Théroïne ou de l'institutrice fille-mère ; et le frisson qui nous traverse s'apparente évidemment à celui dont nous souffrons lorsqu'une voiture écrase, sous nos yeux, telle vieille dame imprudente .

Il serait superflu de montrer que la joie s'obtient dans l'esprit du spectateur ou du lecteur par un procédé pareil, mais avec une mimique différente, au point initial.

En France nous ne possédons que du théâtre forain. Celui de Molière se construit entièrement sur l'émotion de fait; celui de Dumas, plus fin, diffère peu. Rien de ce qu'écrivirent nos dramaturges ne nous donne la ferveur esthétique. Malgré tant de réputation littéraire, nous demeurons la seule race qui n'ait pas enfanté un génie capable d'offrir l'émo-

Page 1